Ce week-end, l'une des deux tapouilles saisies la semaine dernière a été volée tandis qu'elle attendait sa destruction à Dégrad-des-Cannes. C'est en effet le sort généralement réservé à ces embarcations. Une opération fort coûteuse.
La semaine dernière, la gendarmerie maritime arraisonnait deux tapouilles brésiliennes contenants plus de quatre tonnes de poissons et les immobilisait à proximité de la base navale de Dégrad-des-Cannes (lire notre édition du vendredi 2 novembre), avec d'autres carcasses de tapouilles blanchies par le soleil et la pluie. Les capitaines des deux bateaux ont été jugés vendredi en comparution immédiate et condamnés à de la prison ferme (lire également notre édition web d'hier), tandis que leurs matelots étaient pour leur part reconduits à la frontière.
Les deux navires saisis devaient être détruits dès lundi. Mais durant le week-end, l'un des deux avait disparu... Voler un bateau de 20 mètres de long, échoué sur une plage et dont le moteur a été mis hors d'état de marche ne doit pas être une mince affaire. Et pourtant, ce n'est pas la première fois. « L'endroit où nous parquons les tapouilles appartient au domaine public et n'est pas surveillé » , explique Edern Le Dortz, administrateur des Affaires maritimes. Pourquoi alors ne pas faire surveiller ce bras de plage ? « Par manque de moyens humains et financier, selon l'administrateur. 48 heures de gardiennage coûtent 400 euros. Sachant que certaines tapouilles sont là depuis juillet, cela reviendrait trop cher » . La direction de la mer étant obligé d'attendre une décision de justice pour détruire les navires, cela laisse apparemment le temps aux voleurs de procéder.
4 000 EUROS POUR DÉTRUIRE UNE TAPOUILLE
La destruction de la dizaine de tapouilles gisant sur la plage de Dégrad-des-Cannes a donc débuté lundi matin. Une opération encadrée par l'Action de l'État en mer, la direction de la mer et la base navale en soutien matériel. Auparavant, les tapouilles étaient brûlées, mais pour des raisons environnementales, la « déconstruction » est aujourd'hui préférée. Une fois les tapouilles détruites, les déchets non toxiques partent ensuite à la décharge. Il faut compter 4 000 euros pour chaque destruction de tapouille. Une action dispendieuse dont l'avenir est incertain. La direction de la mer n'est en effet pas sûre d'obtenir le financement nécessaire dans son futur budget 2013. Une vingtaine de tapouilles illicites ont été détruites en 2011. Environ 120 000 euros ont donc été dépensés l'année dernière dans ce cadre.
Nombre de navires saisis et détruits par la direction de la mer (affaires maritimes)
2007 : 24 2008 : 34 2009 : 10 2010 : 37 2011 : 20
L'année 2012 devrait etre dans la meme moyenne. Ces chiffres ne reflètent que les navires saisis-déroutés-détruits. Depuis le mois de juillet, une vingtaine de navires dont la pêche a été saisie (rejet à la mer) et les filets détruits, ont été simplement raccompagnés à la frontière.
Selon le Préfet, Denis Labbé, la gendarmerie maritime a passé depuis le début de l'année 291 jours en mer afin de surprendre les pecheurs pirates. Les prises de peche de ces derniers seraient plus importantes que celles des pecheurs guyanais.
• Henri Griffit • Henri Griffit • Henri Griffit • Henri Griffit • Henri Griffit • Henri Griffit • Henri Griffit
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