Mango : la fin du garage « marron »
Les forces de l’ordre ont procédé ce lundi matin à la perquisition d’un garage « clandestin » rue Georges Pindard à Cayenne. Le gérant a été placé en garde à vue.
L’exemple du jour rappelait certaines problématiques propres à ce qui pourrait représenter des filières structurées. Dans cette rue adjacente à la route Mango, une vingtaine de véhicules, variant d’un état correct au « statut » d’épaves, jonchent le bas-côté. A l’arrivée des 8 enquêteurs du Service territorial de la police judiciaire (STPJ) de Cayenne, au moins deux mineurs étaient présents sur site. Ils auraient été amenés à intégrer les effectifs du gérant dans le cadre d’un stage de troisième.
La vocation du parquet est dans un premier temps de « s’assurer de la lutte contre le travail dissimulé, martèle Alexandre Rousselet-Magri, substitut du procureur, confirmant que le gérant ainsi perquisitionné ce lundi emploie visiblement plusieurs personnes, dont des mineurs, sans déclarations fiscales et sans paiement des cotisations sociales ».
Mais dans le cadre de cette opération de « lutte contre les garages clandestins », lumière a aussi été faite sur les problématiques environnementales qui résultent de ces activités. Sur le parvis du garage, entièrement fait de taules, un mélange d’hydrocarbures s’épand sur le sol.
Deux enquêteurs détachés en Guyane de l’Office centrale de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique constatent. Car pour « traiter » des véhicules hors d’usages, « il faut un centre agréé » nous rappelle l’un d’eux. « Ça doit être fait sur une dalle en béton et respecter la filière de traitement des déchets et des eaux usées. » poursuit-il.
Ainsi, plusieurs infractions environnementales pourraient venir se rajouter à la myriade d’irrégularités relevées ce matin. « L’objectif est aussi de préserver le cadre de vie des riverains, pollué par ces épaves. » rappelle le substitut du procureur.
Quant aux personnes qui font appel à des garages non déclarés, elles s’exposent également à des poursuites judiciaires. Les propriétaires des véhicules seront dans ce cadre convoqués ultérieurement au poste pour "recours à un travail dissimulé". Dans le cas où ils ne se manifesteraient pas, trois options se présentent : la confiscation du véhicule, la vente au profit de l’Etat ou la destruction sur ordre du parquet.
Placé en garde à vue au début de la perquisition, le gérant du garage « marron » sera plus tard interrogé par les enquêteurs, qui s’attacheront à déterminer les charges qui pourront éventuellement être retenues contre lui.

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