Retraites : des milliers de femmes peuvent espérer une hausse de leur pension
Une réforme discrète pourrait corriger une injustice de longue date. Depuis 2023, certaines femmes retraitées ou proches de l'être peuvent bénéficier d'une revalorisation de leur pension. En cause : une meilleure prise en compte des congés maternité dans le calcul, alors que de nombreuses erreurs continuent de pénaliser les assurés.
Les anomalies dans les dossiers de retraite restent loin d'être marginales. Selon un rapport de la Cour des comptes, 10,5 % des pensions présentent des erreurs : cotisations non déclarées, trimestres manquants ou encore mauvais calculs.
Conséquence directe : près d'un retraité sur dix percevrait une pension inférieure à ce qu'il devrait toucher. D'après la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), le manque à gagner oscille entre 40 et 180 euros bruts par mois.
Parmi les profils les plus touchés figurent les anciennes salariées du secteur privé, dont les carrières ont souvent été interrompues ou ralenties, notamment en raison de la maternité.
Corriger l'impact des congés maternité
La réforme des retraites de 2023 a introduit une mesure destinée à corriger cet effet pénalisant. Désormais, les indemnités journalières (IJ) perçues pendant les congés maternité peuvent être intégrées dans le calcul du salaire annuel moyen (SAM), qui sert de base au calcul de la pension.
Jusqu'à présent, ce dispositif ne concernait que les femmes ayant pris un congé maternité après le 1er janvier 2012. Il est désormais étendu à celles ayant eu des enfants avant cette date. Une évolution majeure qui concerne les femmes déjà parties à la retraite depuis septembre 2023, mais aussi celles en cours de préparation de leur départ.
Le principe est simple : éviter que les années de maternité, souvent moins rémunérées, ne tirent vers le bas les 25 meilleures années retenues pour calculer la pension. Car pendant ces périodes, les indemnités versées sont généralement inférieures au salaire habituel, ce qui diminuait mécaniquement le montant final.
Revalorisation encore complexe
Dans les faits, la revalorisation existe, mais elle reste encadrée par un mode de calcul technique. Plutôt que de reprendre les indemnités réellement perçues à l'époque, l'administration applique une base forfaitaire. Celle-ci est établie à partir du salaire médian de l'année précédant le congé, ajustée selon sa durée et majorée de 125 %.
Un mécanisme complexe, mais qui peut produire des effets concrets. Selon un exemple du cabinet Qualiretraite, une femme née en 1972, mère de trois enfants, verrait sa pension mensuelle passer de 1 429,90 euros nets à 1 455,04 euros après intégration des IJ. Soit un gain de plus de 300 euros par an.
Si cette hausse reste modeste à l'échelle individuelle, elle corrige néanmoins une inégalité structurelle.

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