Avec "Michael", le cinéma rouvre le dossier d'une légende
Le film replonge dans la trajectoire hors norme d'un enfant prodige devenu le roi de la pop. Mais qui était vraiment Michael Jackson ?
Le biopic Michael, réalisé par Antoine Fuqua et porté par Jaafar Jackson (neveu de Michael Jackson), ne sort pas seulement comme un nouvel objet pop. Il remet au centre de la scène une figure qui a bouleversé la musique mondiale, l'image de la star moderne et l'idée même de la performance. Après plusieurs reports, le film a fait son apparition sur le grand écran ce jeudi avec l'ambition de retracer l'ascension qui a mené Michael Jackson des Jackson 5 à l'ère du triomphe mondial.
Avant la couronne, l'enfant de Gary
Avant d'être « le roi de la pop », Michael Jackson est d'abord un enfant né à Gary, dans l'Indiana, le 29 août 1958, au sein d'une famille nombreuse où la musique est à la fois un refuge, une discipline et une promesse de sortie. Très jeune, il rejoint ses frères dans le groupe qui deviendra les Jackson 5. Chez les Jackson, le talent n'est pas un supplément d'âme, c'est une exigence quotidienne. Le petit Michael y apprend tout d'un coup - la scène, le rythme, la rigueur, la peur de décevoir aussi.
Un enfant hors du commun
Très vite, une évidence s'impose : dans ce groupe de frères, il y a un enfant qui capte la lumière autrement. Motown signe les Jackson 5 en 1969 et le succès est fulgurant. Michael devient la voix centrale, le visage qui reste, le phénomène qui intrigue. Il n'a pas encore l'âge d'un collégien qu'il chante déjà avec l'assurance d'un vétéran. Les Jackson 5 ne lancent pas seulement une carrière, ils installent l'idée qu'un enfant noir venu du Midwest peut devenir un visage planétaire de la pop américaine.
Le prodige devenu stratège
Ce que l'on oublie souvent, c'est que Michael Jackson n'a pas seulement été un interprète hors norme. Il a très tôt compris la mécanique de l'industrie musicale. Tandis qu'il reste lié au groupe familial, il entame une carrière solo dès le début des années 1970. Mais le vrai basculement arrive avec Off the Wall en 1979. Cet album marque sa mue. Michael n'est plus seulement l'ex-enfant star des Jackson 5, il devient un artiste adulte, obsédé par la précision, la modernité, le groove, l'élégance sonore. Sa rencontre avec Quincy Jones y joue un rôle décisif. Avec Off the Wall, il affine ce qui fera sa marque, une musique pensée pour faire danser, mais travaillée comme une architecture. Rien n'y est laissé au hasard - ni les respirations, ni les attaques vocales, ni la manière d'habiter une chanson comme un personnage. C'est là que naît vraiment le Michael Jackson moderne, un artiste perfectionniste, ambitieux, qui ne veut plus seulement réussir mais redéfinir la pop.
L'explosion Thriller
Puis arrive Thriller, en 1982, et le paysage bascule. L'album devient le plus vendu de l'histoire. Il conserve ce statut plus de quarante ans après sa sortie et transforme Michael Jackson en phénomène culturel sans équivalent. Billie Jean, Beat It, Thriller : à ce stade, il ne s'agit plus seulement de tubes mais d'icônes mondiales. Michael Jackson franchit un seuil rarissime, il cesse d'être une star pour devenir un langage commun. Sa force tient à un mélange presque impossible à reproduire. Il chante comme un soulman, danse comme s'il défiait la gravité, pense ses clips comme du cinéma et comprend avant tout le monde que l'image n'est plus un accompagnement de la chanson, elle en devient le prolongement naturel. Son succès contribue aussi à faire sauter des barrières raciales dans l'industrie de la pop et dans l'exposition télévisuelle des artistes noirs. Michael Jackson n'est pas seulement immense, il change la taille du cadre.
La star totale...
Dans les années 1980, il devient l'artiste total. Bad confirme qu'il ne s'agissait pas d'un miracle isolé mais d'un règne construit. Il accumule les records, les récompenses et les tubes ancrés dans la mémoire collective. En 1984, il devient le premier artiste à remporter huit Grammy Awards lors d'une même soirée. Le gant, le moonwalk, les vestes, le chapeau, les chorégraphies millimétrées : Michael Jackson comprend mieux que quiconque que la pop moderne repose aussi sur une mythologie visuelle.
... entre maîtrise et solitude
Mais cette maîtrise a son envers. Plus sa gloire grandit, plus l'homme semble s'éloigner du commun. Michael Jackson a souvent donné l'impression d'avoir passé sa vie à négocier avec une enfance perdue, celle d'un petit garçon devenu professionnel trop tôt, star avant d'être adulte, symbole avant d'être simplement lui-même. C'est aussi ce qui continue de fasciner : chez lui, le génie et la fragilité ont toujours avancé côte à côte.

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