La violence, non mais...
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La violence, non mais...

Pierre-Yves CARLIER / photos : Henri GRIFFIT

Près de 150 personnes ont rendu hommage hier, à Kourou, au jeune Messack Saakie, 18 ans, tué dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 août (HG) © Henri GRIFFIT

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Près de 150 personnes ont rendu hommage hier, à Kourou, au jeune Messack Saakie, 18 ans, tué dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 août (HG) © Henri GRIFFIT

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Hier, 120 à 150 proches de Messack Saakie, tué le 15 août à Kourou, ont marché dans les rues de la ville. La tension restait palpable.

Des tee-shirts blancs, des photos de Messack Saakie, une banderole découpée dans un drap qui proclame « Je ne peux admettre la violence, même contre la violence » . Derrière, une poignée d'enfants s'égosillent en scandant « Non à la violence, non à la violence. » Des adolescentes reprennent en choeur, en tentant vainement d'encourager le reste du cortège à les imiter.
Cent vingt à cent cinquante personnes ont pris place dans le défilé. Des parents et des amis de Messack Saakie, tué lundi 15 août à Kourou. Le but ? Maintenir le calme précaire revenu après l'incarcération de Sandy Vala. « Ça ne sert à rien de se venger. La vengeance ne va pas le ramener » , exhorte Milanda Carino. Dans la foulée des incidents de la semaine dernière, elle a monté l'association « Non à la violence » pour « essayer d'encadrer les jeunes » .
Le dimanche soir, avant la mort de Messack, Wielzen était sur la plage avec lui. « Ça fait mal d'être là. Le lundi à 1 heure, on m'a dit qu'il était mort. Deux heures avant, j'étais avec lui. Alors on cherche les causes. Se calmer, c'est difficile. » Il a assisté aux violences qui se sont déroulées au CMCK.
Pas de demande de mise en liberté
Ces dégradations, beaucoup les justifient encore. Un des oncles de Messack prend la parole : « On marche pour que les gendarmes prennent conscience que la vie de Messack est plus importante que les dégâts matériels des derniers jours. Il faut que la Justice soit à la hauteur de ce qui s'est passé le 15 août. Des gens se demandent pourquoi on s'est attaqué au CMCK. C'est parce que le médecin n'a pas réagi avec sagesse. Il n'aurait pas dû nous parler comme ça. »
Dans les rangs du cortège, tout le monde admet que l'arrestation et l'incarcération de Sandy Vala « ont permis de calmer les deux camps » . Mais cela reste précaire et les rumeurs de sa remise en liberté font grimper la tension.
Elle n'est pourtant pas à l'ordre du jour. Hier soir, son avocat Alex Leblanc nous a précisé qu'il n'avait fait aucune demande en ce sens. Il attend les confrontations entre les différents mis en cause. Il n'est pas certain que cela calme tous les esprits.
Un ami de Messack résume son sentiment : « On dit « Non à la violence » , mais il faut aussi qu'on nous montre qu'il y a une justice. »
(HG)
(HG) • Henri GRIFFIT
- Quatre jours de troubles à Kourou
Messack Saakie a été tué dans la nuit du 14 au 15 août. Le 14 au soir, il a assisté aux animations sur la plage de Kourou. Dans la nuit, il a rejoint un after, près du Village saramaca. Au cours de la soirée, José Técinat, alias Bafung, un ami de Messack, aurait reçu plusieurs petits coups de couteau de Sandy Vala. Originaire de la République dominicaine, il vit au quartier Eldo. Bafung aurait sorti un fusil et tiré sans viser. Son ami Messack Saakie s'effondre. Ses amis l'emmènent au CMCK, où il décède.
Un médecin leur explique que son cas était désespéré. Les amis de Messack - ils sont une soixantaine - acceptent mal ses explications. Ils cassent toutes les vitres de l'établissement.
Quelques heures plus tard, Bafung se rend aux gendarmes. Il est placé en garde à vue, mis en examen et incarcéré. Mais ses amis et ceux de Messack en veulent davantage encore à Sandy, qui a disparu. Dans les jours qui suivent, des véhicules appartenant à des proches de Sandy Vala et de José Técinat sont brûlés. Le jeudi midi, Sandy Vala se rend aux gendarmes. Il explique au juge d'instruction qu'il s'était défendu, après avoir reçu un coup de fusil à l'épaule. Il est mis en examen pour violences volontaires et placé en détention provisoire, ce qui ramènera le calme à Kourou. Les obsèques de Messack Saakie pourraient se dérouler samedi après-midi, au cimetière de Kourou.
• Henri GRIFFIT
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Près de 150 personnes ont rendu hommage hier, à Kourou, au jeune Messack Saakie, 18 ans, tué dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 août (HG)
Près de 150 personnes ont rendu hommage hier, à Kourou, au jeune Messack Saakie, 18 ans, tué dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 août (HG) • Henri GRIFFIT
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