Koulani Rézaire, 44 ans s'en est allé
Il était professeur en économie et en marketing à l'Université de Guyane
Koulani Rézaire, 44 ans, est décédé dimanche soir à 19 heures. Ce professeur d'économie et de marketing à l'IUT de Kourou laisse un grand vide dans sa famille ainsi qu'auprès de ses étudiants.
Ces derniers se réunissent de manière spontanée à 20 heures, ce lundi, dans le bâtiment D du campus de Troubiran, où il enseignait.
Koulani Rézaire avait obtenu le prix national Ardese en juin 2025 pour sa thèse soutenue en décembre 2024 au sein de l'Université des Antilles, au sujet de la " RSE comme élément de stratégie concurrentielle : le cas du développement durable en Guyane ".
" C'était un grand regret pour lui de ne pas présenter sa thèse chez lui, là où il enseignait ", se souvient sa maman, Eugénie Rézaire.
"L’Université de Guyane s’associe à leur peine et rend hommage à l’engagement professionnel et humain de notre collègue, dont la contribution restera durablement inscrite dans la mémoire de notre établissement", écrit Laurent Linguet, président de l'UG.
"Un grand enseignant"
À l'Université, on décrit un " grand enseignant ", acquis " à la réussite de ses étudiants ". " Il les encourageait, les soutenait. Il les avait emmenés à Paris, Hong Kong, en Corée du Sud… Je ne suis jamais allée là-bas. Il était tellement plus organisé que moi. Pour lui, c'était le business, pour moi, la littérature ", sourit Eugénie Rézaire, professeure d'anglais émérite, qui perpétue le génie de Léon Gontran Damas à travers tout un travail de conscientisation depuis la mort du poète.
Dans la maison familiale, rue du Lieutenant-Becker, le monde ne cesse de passer pour soutenir la famille, avec cette grande lignée des filles Rézaire débutée par sa grand-mère, Aveline Rézaire-Briolin, sage-femme et directrice de la maternité de l'ancien hôpital Saint-Denis jusqu'en 1978, puis Anne-Marie, professeure d'anglais, foudroyée à 61 ans, en 2017, par la maladie ; Constance, première magistrate guyanaise de retour chez elle en 1978 ; Eugénie, sûrement la plus politique… et les autres. " Nous sommes tous partis faire des études en France et nous avons tous réussi. C'était le vœu de notre papa ", se souvient Joëlle, l'une des plus jeunes de la fratrie.
Koulani/Kalani un hommage à Cayenne
Koulani a grandi entouré de ces modèles. Il cumulait les responsabilités au sein de l'Université : celles de l'accélération du développement de l'UG, du master management et administration des entreprises depuis plus de six ans.
Samedi soir, il s'est effondré " et en 24 heures, il est parti ", décrit Eugénie Rézaire.
Pendant l'attente, à son chevet, sa maman lui récite du Shakespeare, des vers tirés de Hamlet, pour lui dire " de ne pas aller dans cette terre inconnue dont personne ne revient ".
Koulani ne l'a pas écoutée et il a rejoint les esprits de la forêt, la signification de son nom en peul. " J'ai découvert ça il y a quelque temps. Moi, je voulais l'appeler Kalani, Cayenne en kali'na tilewuyu. Et puis, avec les moqueries possibles chez les enfants et le créole, j'ai mis un “ou” : Koulani. Finalement, c'était une manière de faire le pont et ça représentait très bien mon fils ", raconte Eugénie Rézaire.
Une veillée est prévue jeudi au funérarium et un dernier hommage vendredi.
Un espace d’écoute accueille les étudiants et les personnels au Service de Santé Étudiant (SSE) en présence d’une sophrologue et d’un psychologue.
Une permanence téléphonique est accessible avec la MGEN en composant le : 08 05 500 005, de 8h30 à 18h30.

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