À gauche, Walanta, la lycéenne fauchée mortellement. La photo date d'un an. Ci-contre, la mère de Walanta, Byronne Éloi. Ci-dessous, le Toyota Hilux. C'est un véhicule 4x4 comme celui-ci qui est à l'origine de l'accident mortel selon les témoins (DR et SR)
Quatre jours après l'accident qui a coûté la vie à Walanta Michaud, 18 ans, nous avons rencontré sa famille.
« C'est la copine de Walanta qui est venue me prévenir lundi à 6 h 40 » , commence par raconter Byronne Éloi, la mère de la lycéenne renversée par deux voitures, lundi matin.
Nous sommes dans sa maison dans le quartier Arc-en-Ciel. La famille, les proches sont là, autour de la table. Les autres enfants de Byronne aussi. Elle en avait neuf. Le père, avec lequel elle est séparée et qui vit à Macouria, est là aussi. Byronne continue son récit. « Quand la copine est venue lundi matin, elle a frappé à la porte. Quand je l'ai vue, je lui ai dit que Walanta n'était pas là. Elle m'a dit qu'il y avait eu un accident. » Byronne se précipite en direction du lieu de l'accident, à l'entrée du quartier. « Quand je suis arrivée, Walanta était déjà décédée. Elle était par terre. » Ni les pompiers, ni les médecins, ni les gendarmes ne lui disent rien. « J'ai dit « Walanta est morte! » Je voulais la redresser et l'embrasser! » On l'en a empêchée. « J'ai dit : « C'est ma fille! » » Des gendarmes lui ont demandé son nom et sa date de naissance.
Ce matin-là, Walanta a traversé la route nationale 3 pour attendre le bus qui devait la conduire au lycée Balata où elle est élève en classe de seconde. La jeune femme est née en Haïti. Elle avait 18 ans. Elle est décrite par sa mère comme « toujours gentille. Elle me parlait toujours bien » . Alors que la lycéenne traverse l'axe routier très fréquenté, elle est d'abord fauchée par une Citroën C3. Le conducteur s'arrête sur le bas-côté et va porter assistance à la blessée. C'est là que l'irréparable survient. Un Toyota Hilux roule sur Walanta, alors qu'elle tentait de se relever, la tuant sur le coup. Le 4x4 de couleur blanche aurait ralenti puis aurait repris sa route. L'accident s'est produit sous les yeux des élèves présents dans le bus qui venait d'arriver.
« VENIR ME PRÉSENTER SES CONDOLÉANCES »
Byronne n'en veut pas au premier conducteur, celui de la C3. « Il ne l'a pas fait exprès. C'est un accident. Ça peut arriver à tout le monde. Mais j'aimerais qu'il vienne me voir et présenter ses condoléances. » En revanche, elle a du mal à admettre l'attitude du second conducteur. « Quand on cause un accident, on prend ses responsabilités et on s'arrête. » La mère est pessimiste. « Plus de quarante-huit heures se sont passées. Il ne se dénoncera plus. » Pessimiste et « en colère » . « Je ne peux pas accepter ça! »
Presque en face de Byronne, le père de Walanta acquiesce tristement et silencieusement. Il ne parle pas très bien français et préfère laisser la mère expliquer. Elle conclut. « Si le premier conducteur s'était arrêté au milieu de la route, il n'y aurait peut-être pas eu de second accident. » La famille attend désormais lundi qu'on lui rende le corps. Alors, la date des obsèques pourra être fixée.
(DR et SR)
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Toujours pas de suspect
Un homme, ivre, s'est dénoncé mercredi à la police. Il s'est présenté comme l'homme qui avait percuté mortellement Walanta (nos deux éditions précédentes). Mais après vérification, les gendarmes se sont rendu compte qu'il était totalement étranger à l'histoire. Il ne possède même pas de Toyota Hilux blanc, le véhicule qui a tué la lycéenne. Les enquêteurs continuent à chercher mais n'ont pas de piste. Ils recensent tous les Toyota Hilux de Guyane. Leur appel à témoins, lancé lundi, est maintenu. Toute personne disposant d'informations est priée d'appeler le 05 94 38 32 32.
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