Insécurité : yé bon ké sa!
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Insécurité : yé bon ké sa!

Pierre ROSSOVICH / Arnaud SAINT-MAXENT

C'est le collectif Vie, Sûreté et Liberté, créé le 9 février dernier, qui est à l'origine de cette marche. (ASM)

(Arnaud Saint-Maxent)

Une marche contre l'insécurité a réuni environ 400 personnes hier après-midi dans les rues de Cayenne, alors que les commerçants avaient, eux, baissé leurs rideaux. Une première action qui en appellera d'autres, assure le collectif Vie, Sûreté, Liberté.

« Braqueurs en prison! Voleurs en prison! » Il est 15 h 30 hier à Cayenne, lorsque le cortège débute sa marche en direction de la préfecture. Les slogans fusent et sont un peu confus, certains manifestants n'hésitant pas à les remanier à une sauce plus agressive. C'est que les quatre cents personnes qui défilent là ont un point commun. Un ras-le-bol patent contre l'insécurité et les agressions en série. « Je suis là parce que je ne peux même plus aller à la messe tranquillement avec mes bijoux, témoigne une manifestante de 78 ans. Je me suis même faite agresser dans ma voiture, il voulait me voler ma chaîne. »
Le collectif Vie, Sûreté et Liberté (VSL), créé le 9 février dernier, est à l'initiative de la marche. En première ligne, plusieurs élus locaux venus montrer leur soutien au collectif. Parmi eux, Georges Patient, Christiane Taubira, Alain Tien-Liong, ou Gabriel Serville ouvrent la marche aux côtés de Franck Louison, ce père de famille dont le braquage a justement provoqué la création du collectif VSL.
Plus loin dans le cortège, des commerçants chinois défilent également. Si la manifestation de rue n'est pas dans leurs habitudes, la plupart reprennent tant bien que mal les slogans lancés au micro. « Nous subissons des braquages tous les jours, c'est nous qui sommes en première ligne et les plus exposés » , explique Richard Lie, vice-président de l'association Fa Kia Kon So. À l'appel de l'association et de celui de l'UCIC (Union des Commerçants de l'Île de Cayenne), les commerçants du centre-ville avaient quasiment tous laissé leurs rideaux baissés hier après-midi.
Arrivé devant la préfecture, Jean-Marc Voyer, porte-parole du collectif VSL explique la démarche du mouvement. « Nous ne sommes pas là pour demander des choses impossibles, nous cherchons d'abord à rassembler un maximum de personnes, au-delà de tout clivage. » Le collectif fait circuler en ce moment une pétition qu'elle devrait présenter aux autorités. Il prévoit aussi d'organiser des marches pacifiques dans toutes les communes de Guyane. « Aujourd'hui, c'est un premier pas vers quelque chose de plus structuré » , conclut Gabriel Serville, premier secrétaire du PSG et membre du collectif.
 
Georges Patient, sénateur maire de Mana
"Je suis là en tant que sénateur et citoyen. Plusieurs fois j'ai interpellé les pouvoirs publics sur la situation d'insécurité généralisée dans toute la Guyane. L'État se réfugie derrière des statistiques mais je dis qu'il ne faut pas se cacher derrière des chiffres alors qu'on vit tous cette situation. La psychose n'est pas imaginaire.

Le nombre de morts sur le territoire guyanais devrait alerter les pouvoirs publics, la situation nécessite un traitement particulier et il appartient à l'État de prendre des mesures spécifiques.

On voit bien que cette manifestation n'est pas politique, tout le monde est concerné, il y a même beaucoup de Chinois qui n'ont pourtant pas l'habitude de manifester. Le problème touche toute la population.

Je ne dirais pas que l'État n'a pas envie d'agir mais il ne veut pas mettre les moyens nécessaires. C'est vrai que cela coûte cher, mais quand des vies en dépendent, on ne compte pas les moyens."
Une dame (anonyme) de 78 ans
"Je suis là parce que je ne peux même plus aller à la messe tranquillement avec mes bijoux. Je me suis même faite agressée dans ma voiture, il voulait me voler ma chaîne".
Tatie Léodate, présidente de l'association Fanm Dibout
"Nous sommes toujours là. On a commencé en 1996 à nous battre contre l'insécurité et c'est décourageant de luter et de voir que rien n'avance, mais on ne baissera jamais les bras. Je reproche aux politiques de ne pas avoir pris la relève. Annou briga contre l'insécurité!"
Gabriel Servile, premier secrétaire du PSG
"Le collectif ne s'est pas formé en association car nous préférons rester un collectif informel. mais aujourd'hui, c'est un premier pas vers quelque chose de plus structuré".
Franck Louison
"Ma présence est une présence de soutien. Toutes les personnes qui sont là veulent que la violence stoppe. Je ne souhaite à personne ce qu'il m'est arrivé à moi et à ma famille. Aujourd'hui je suis à la merci de la justice". 
C'est le collectif Vie, Sûreté et Liberté, créé le 9 février dernier, qui est à l'origine de cette marche. (ASM)
C'est le collectif Vie, Sûreté et Liberté, créé le 9 février dernier, qui est à l'origine de cette marche. (ASM)
(Arnaud Saint-Maxentier)
(Arnaud Saint-Maxent)

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