Insécurité, impunité, trop de dossiers : des policiers de Cayenne manifestent
Le syndicat Alliance police nationale Guyane a organisé une marche en écho aux manifestations de policiers en hexagone.
À l'appel du syndicat Alliance police nationale, des policiers guyanais ont manifesté ce 31 janvier, à Cayenne.
La marche, à laquelle une soixantaine de personnes se sont jointes, se voulait "contre l'insécurité et l'impunité." Dominique Catherine secrétaire départemental du syndicat, explique : "On se bat contre l'insécurité pour nous comme pour les concitoyens. On demande aussi plus de matériel et plus de moyens. Nous sommes à l'étroit dans un commissariat vieillissant et obsolète." Pour rappel, le nouvel hôtel de police cayennais doit être livré d'ici à la fin de l'année 2026.
"On privilégie les violences intrafamiliales aux dégradations sur des véhicules"
Alexandre Laballery, membre du syndicat et agent à la police judiciaire identifie les problèmes dans son service : "Pour ces dossiers à forts enjeux : il faut du temps et des moyens pour les traiter. Ce ne sont pas des groupes à 4, 6 ou 8 personnes qui vont permettre de faire un travail à la hauteur de l'attente des magistrats et des plaignants. On a beaucoup de collègues qui ne mangent pas à midi, qui travaillent le week-end ou qui terminent tard le soir au détriment de leur famille."
115 agents travaillent à la police judiciaire. Il poursuit : "On voit que les délais de traitement s'allongent et que la population guyanaise n'est pas satisfaite du service. On le dénonce. Parfois, on doit prioriser des dossiers. On privilégie les violences intrafamiliales par rapport à des dégradations sur des véhicules. Ce n'est pas ce qu'on veut faire. On veut traiter tout le contentieux."
"Ce qui me fait tenir, c'est de rendre service au public."
Ce rassemblement à Cayenne fait écho aux manifestations de policiers dans le reste de la France, dans une vingtaine de grandes villes hexagonales. Près de 20 000 personnes se sont jointes au mouvement à Paris, d'après les organisateurs. Renaud Gambier, policier local, évoque "un problème de verticalité dans la hiérarchie qui nous surveille constamment. Ça nous impacte dans le travail." Un de ses collègues, à côté de lui, ajoute : "Ce qui me fait tenir, c'est de rendre service au public. J'aurais lâché depuis longtemps s'il n'y avait plus cela."
Quelques personnalités politiques comme Claude Plenet, maire de Rémire-Montjoly, ou encore Olivier Taoumi, candidat à la mairie de Cayenne, ont marché aux côtés des forces de l'ordre : "Sans sécurité, il n'y a pas de commerces et sans commerces, il n'y a pas de ressources", affirme Olivier Taoumi.
Vers la fin de la marche, Trop Violans a fait une contre-manifestation pour dénoncer "l'hypocrisie de certains policiers." L'association lutte de longue date contre le 100 % contrôles à l'aéroport et est engagée dans plusieurs affaires judiciaires face à des gardiens de la paix. Ils l'ont rappelé ce samedi matin.
À noter que le syndicat de policiers Un1té ne s'est pas joint au mouvement. Leurs adhérents critiquent le bilan de leurs confrères d'Alliance.

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