Des armes saisies en Guyane. Selon la police surinamaise, elles traversent de plus en plus le Maroni (photo d'archives)
Les braquages sont en hausse, selon les chiffres fournis par le chef de la police nationale. Il déplore la vente libre d'armes de chasse dans notre département, estimant qu'elle alimente les malfrats surinamiens.
Vendredi, le chef de la police nationale du Suriname (KPS), Humphrey Tjin Liep Shie, a rendu public les chiffres sur les infractions et la criminalité au Suriname. Si les vols et les accidents mortels sont en baisse, les braquages sont en hausse. Le chef de la police en a profité pour critiquer la Guyane.
« Nous sommes inquiets de l'augmentation de l'utilisation d'armes à feu lors des braquages » , a souligné Humphrey Tjin Liep Shie. Les statistiques montrent une sérieuse augmentation du nombre de braquages avec utilisation d'arme à feu. Il y a quelques mois, un pic a été atteint. On évoquait alors le chiffre de vingt-six vols à main armée par semaine. Depuis, la police effectue plus de patrouilles, avec gyrophares ou incognito. Le nombre de braquages diminue depuis.
« Grâce à l'aide de la communauté, nous avons réussi à saisir de nombreuses armes et à identifier les suspects » , poursuit Humphrey Tjin Liep Shie.
Mais le chef de la police s'inquiète du rôle de la Guyane dans l'augmentation des braquages, lui assignant le rôle du mauvais élève au piquet. « Les armes viennent principalement de la Guyane. C'est à cause de leur loi là-bas que (les suspects) peuvent facilement obtenir des armes. Celles-ci sont acheminées vers chez nous pour y être utilisées lors de vols. »
Ce trafic serait de plus en plus commun depuis deux ans. Il a obligé les postes de contrôle sur la route Albina-Paramaribo à être plus vigilants et à effectuer des contrôles plus poussés. Mais Tjin Liep Shie souhaite plus, à savoir un entretien au niveau gouvernemental entre le Suriname et la France, afin de trouver une solution au trafic transfrontalier d'armes à feu.
« Hélas, dans presque tous les cas, les armes rentrent par la frontière est (la Guyane, ndlr). Ces armes ont été achetées chez les vendeurs d'armes là-bas. Nous apprécierions énormément que nous soyons tenus au courant à l'avance de l'achat d'une arme, afin que nous puissions identifier les délinquants en les faisant passer par notre système de contrôle quand ils rentrent au Suriname [...] Comprenez-moi bien! Il y a d'autres manières de faire rentrer des armes, mais cette source est la plus importante d'armes illégales dans notre pays »
Raymond VAN HEMERT(www.fransinsuriname.net)
REPÈRES - Pas les mêmes règles
Les conditions de vente des armes ne sont pas les mêmes en Guyane et au Suriname. En Guyane, il faut présenter une pièce d'identité pour acheter une arme de chasse. Au Suriname, l'achat d'une arme est soumis au passage d'un examen auprès d'une instance de contrôle psychologique.
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