« L'Inspection de secteur de l'Éducation nationale nous a téléphoné, en fin de demi-journée pour nous demander de procéder à l'évacuation de notre école en urgence et à ne pas accueillir les élèves cet après-midi. » Comme sa collègue de l'école primaire, Nadiège Diony, directrice de la maternelle et donc, l'ensemble de l'école Émile-Nezes, a fermé ses portes prématurément hier matin. En cause un cas de chikungunya avéré dans le quartier Simaruba. Les services du rectorat en conjugaison de ceux de la préfecture ont préféré prévenir que guérir. Le principe était simple. D'abord évacuer les écoles. Ensuite, procéder à sa démoustication au moyen d'insecticide. « Il faut dire que le quartier a fortement été touché par la dengue l'année passée avec même quelqu'un qui en est décédé » , explique Nadiège Diony. L'évacuation de l'école s'est effectuée dans le calme et la compréhension des familles des 400 élèves inscrits. De façon quasi immédiate les services de démoustication sont intervenus dans les locaux scolaires. Une évacuation générale du quartier est prévue pour ce matin afin de venir à bout de tous les moustiques du secteur. Comme pour les deux cas précédents, ce nouveau cas de chikungunya à Kourou est un cas dit « importé » . Les patients ont contracté le virus à Saint-Martin pour l'un d'entre eux, et en Martinique pour les deux autres, dont celui de la cité spatiale. À l'Agence régionale de santé (ARS) on recense pour le moment douze cas suspects (voir les chiffres ci-contre). Un observateur des épidémies espère que les choses ne vont pas s'aggraver rapidement. « On est loin derrière tous les autres, notamment la Martinique et Saint-Martin. On est pour le moment loin de la phase épidémie. Mais il faut que les gens se responsabilisent en luttant contre les gîtes larvaires. » C'est d'ailleurs ce qui avait déjà posé problème avec la dengue. Les autorités croisent les doigts pour que, quelques mois seulement après la fin de l'épidémie de dengue (qui avait fait six morts) une autre ne vienne pas de nouveau investir la Guyane. REPÈRES
- Le « chik » en Guyane
Martinique : 650 cas suspects, 267 cas confirmés
Saint-Martin : 610 cas suspects, 393 cas confirmés
Guadeloupe : 172 cas suspects, 68 cas confirmés
Saint-Barthélémy : 110 cas suspects, 45 cas confirmés
Guyane : 12 cas suspects, 3 cas confirmés
Une autre épidémie aux portes des Antilles et de la Guyane ?
L'Association santé et respect des droits pour tous alerte la population quant au virus de la fièvre Zika « qui se rapproche des Antilles et de la Guyane » . Comme la dengue et le chikungunya, le virus Zika est transmis par la piqûre de moustiques. Les symptômes sont divers (fièvre, douleurs, éruption cutanée, problèmes digestifs ou intestinaux, maux de tête). Mais contrairement aux deux autres virus, pour le moment, jamais personne n'est mort de la fièvre Zika. Il n'en demeure pas moins que l'association interpelle l'Agence régionale de la santé (ARS). « Avez-vous anticipé l'arrivée de cette maladie sur notre territoire ? Quand et comment allez-vous informer la population ? » L'Association était née au cours de l'épidémie de dengue dont la prise en charge, déficiente, l'avait indignée.
S.R.
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