CEOG : Les gardes à vue prolongées jusqu'à aujourd'hui
La tension ne redescend pas à Saint-Laurent. Les manifestants se sont déplacés devant la gendarmerie de la capitale de l'Ouest et attendent la sortie des cinq interpellés, hier, sur le site de la CEOG. Les GAV ont été prolongées.
Les cinq interpellations lors de la manifestation sur le site de la CEOG, hier à Mana ont abouti à des gardes à vue. Elles sont prolongées jusqu'à ce samedi. La gendarmerie s'interroge sur la présence éventuelle d'armes chez les manifestants. Le procureur demanderait à ce que toutes les vidéos de la manifestation soient visionnées avant de les libérer.
Quelques témoins sur place assurent ne pas avoir vu d'armes chez les jeunes manifestants "mais cela n'est pas impossible", nuance un observateur.
Nous intégrons une vidéo des échauffourées de hier entre les gendarmes et les manifestants sur la RN1 afin de donner une idée des tensions qui montent d'un cran à proximité de la future centrale électrique de l'Ouest Guyanais.
Des images qui ont scandalisé le Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES) :
" [On] constate et déplore encore [une fois] que les autorités françaises choisissent le passage en force et la répression au lieu de proposer des solutions à la demande des habitants de déplacer le projet en dehors de leur lieu de vie. On condamne les pratiques violentes, notamment sur des enfants de 6
ans, et non démocratiques de la France en Guyane."
De son côté, le front guyanais pour un changement statutaire ne "supporte plus" ces images "inquiétantes". Il regrette, par la voix de sa secrétaire, l'avocate Lucie Donzenac, le manque d'accompagnement de l'ONF dans ce dossier et appelle les parties prenantes à "renouer le dialogue".
"Une société civilisée n'a-t-elle pas une place pour chacun en son sein?" questionne le front.
De la place ce n'est pas ce qui manque d'aprés le MDES : " On rappelle que la commune de Mana c’est 65 2000 hectares, Saint Laurent 483000 hectares et qu’il est inadmissible que les services de l’état français en Guyane refusent de proposer au porteur de projet un autre terrain d’une centaine d’hectare dans la même zone."
Jean-Victor Castor, l'un de nos deux députés, issu du MDES a interpellé le préfet au début du mois. Il avait pressenti les futures dérapages inhérents au manque de dialogue : "Je prône une reprise du dialogue avec les habitants plutôt que la répression, qui est inadaptée et disproportionnée. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, ce sont des images de gendarmes inquiétant des mineurs et des personnes âgées du village de Prospérité, qui circulent. Monsieur le préfet, la sécurité de tous, est votre prérogative, mais elle nécessite également la confiance de la population, en vos services."
Philippe Bouba, vice-président de la CTG a aussi appelé à une réunion avec les élus de la CTG et les parties opposées. Sans réponse pour l'instant.
Nous avons demandé aux représentants de HDF et/ou de la CEOG de venir discuter avec Christophe Yanuwana Pierre dans le cadre d'une entrevue croisée. Si ce dernier a accepté, nous sommes dans l'attente d'une réponse des premiers.

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