Celui qui a dénoncé Rexma suspecté de fraude fiscale
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JUSTICE

Celui qui a dénoncé Rexma suspecté de fraude fiscale

Sébastien ROSELÉ
Jean-Pierre Casas, patron de Rexma, sera rejugé demain. Celui qui l'a dénoncé est lui aussi dans le collimateur de la justice (photo d'archives)
Jean-Pierre Casas, patron de Rexma, sera rejugé demain. Celui qui l'a dénoncé est lui aussi dans le collimateur de la justice (photo d'archives)

Alors que Jean-Pierre Casas est jugé en appel demain jeudi, on apprend que Daniel Petit, l'homme qui a dénoncé l'affaire à la justice, fait l'objet d'une enquête pour fraude fiscale et blanchiment d'argent.

C'est l'homme par qui le procès est arrivé. Daniel Petit, qui avait dénoncé à la justice le patron de Rexma-Rexea, Jean-Pierre Casas, est lui-même dans le collimateur de la justice. En novembre dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire à l'encontre de Daniel Petit pour « fraude fiscale et blanchiment de capitaux » . La magistrate porte-parole du parquet de Paris, Agnès Thibault-Lecuivre, l'a confirmé lundi midi. En fait, l'entrepreneur parisien est suspecté d'avoir fait transiter de l'argent vers des paradis fiscaux. Appelé hier, l'homme n'était « pas joignable » selon sa collaboratrice. Son avocat en Guyane, Me Mickaël Beulque, tout en démentant les faits, se disait « au courant de rien (à propos de l'enquête). Vous nous l'apprenez » .
Mais pourquoi Daniel Petit a-t-il dénoncé Jean-Pierre Casas, un partenaire commercial de quinze ans ? Pour l'avocat de Petit, c'est pour ne pas être accusé de complicité d'un délit. « Il aurait pu être reproché à mon client d'avoir des relations contractuelles avec quelqu'un qui était coupable d'infraction pénale. » Peut-être. Mais il n'y a pas que ça, selon Casas. Car au mois de mars 2013, Daniel Petit a fondé une société, Goldinvest, au capital de 10 000 euros. Elle est immatriculée au registre du commerce de Guadeloupe. L'objet de cette société est l'« extraction aurifère » ou encore l'« acquisition ou cession de tout titre minier » . De là à dire que Petit a voulu la mort de Rexma pour récupérer la mine d'or de Saül, il n'y a qu'un pas que Casas franchit allègrement. Me Mickaël Beulque nie énergiquement. En regardant de plus près les statuts de Goldinvest, on constate que Petit ne détient que deux actions. Une société d'investissement en détient 499 (une société dont la gérante est une certaine Jacqueline Petit). Enfin un orpailleur minier guyanais, Antoine Léveillé, détient les 499 parts restantes.
LE « PERMIS LIMONADE » POUR UNE MINE D'OR À SAÜL
Daniel Petit était en affaires avec Jean-Pierre Casas depuis une quinzaine d'années. Ensemble, ils faisaient de la défiscalisation. Or Casas, dénoncé par Petit, a été condamné en mars 2013 par la justice à dix-huit mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende. Hasard du calendrier, c'est à ce moment-là que Petit a créé Goldinvest. Casas, lui, était poursuivi pour fraude fiscale et détournement de biens gagés. L'affaire portait sur un engin de chantier qui aurait dû être vendu neuf. Or il avait 1 650 heures au compteur. C'est cette affaire qui sera rejugée à la cour d'appel demain matin.
Les sociétés de Jean-Pierre Casas Rexma et Rexea sont connues du grand public depuis décembre 2012. À cette époque, on apprenait qu'elles avaient obtenu du ministère du Redressement productif une autorisation d'exploiter une mine d'or à deux pas du centre-village de Saül. C'est le fameux « permis Limonade » (du nom de la crique).
Face à la levée de boucliers des habitants et du Parc amazonien, le préfet de l'époque a préféré laisser en suspens le dossier. Depuis, une enquête pour « faux » a été ouverte par le parquet à l'encontre de Jean-Pierre Casas, un « faux » , qui, selon le procureur, aurait permis l'obtention d'exploiter la mine de Saül. Casas conteste.