Braquages et séquestrations en série : deux interpellations importantes
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FAITS DIVERS

Braquages et séquestrations en série : deux interpellations importantes

Gaëtan Tringham (g.tringham@agmedias.fr)
La gendarmerie a mis la main sur deux individus suspectés d'appartenir à une faction armée brésilienne ultraviolente.
La gendarmerie a mis la main sur deux individus suspectés d'appartenir à une faction armée brésilienne ultraviolente.

 Le 8 septembre dernier, deux hommes suspectés d’appartenir à la faction armée violente – qui aurait braqué, frappé, séquestré et ligoté de nombreuses familles et personnes depuis le mois de mai - ont été arrêtés à Matoury. Les deux suspects, d’origine brésilienne, ont été placés en détention provisoire.  

 La liste est longue. Depuis le mois de mai, les affaires s’accumulent. Les deux voisins de Quesnel-Ouest à Macouria ; le Dr Devouge à Montsinéry-Tonnégrande ; la famille entière et son coiffeur à Cayenne ; l’ancien président de la Chambre de commerce, Jean-Paul Le Pelletier* à Rémire-Montjoly etc… La section de recherches leur attribue au moins huit faits distincts.

La gendarmerie viendrait de porter un coup crucial à ce groupe armé ultraviolent qui sévit entre l’ile de Cayenne et Kourou. Deux individus d’origine brésilienne – un trentenaire et un quarantenaire – suspectés d’appartenir à la faction ont été arrêtés le 8 septembre dernier à Matoury.

À la suite de leur garde à vue de 96 heures, les deux hommes ont été présentés devant le juge des libertés et de la détention ce 12 septembre, conduits au centre pénitentiaire, puis placés en détention provisoire. Un juge d’instruction a également été nommé dans le cadre d’une ouverture d’information judiciaire.

Une accumulation de faits et de violences impressionante
Mis en examen pour vol à main armée en bande organisée ; vol avec violence en bande organisée ; violences avec ITT supérieures à 8 jours ; séquestration en bande organisée : Les faits dont ils sont soupçonnés et pour lesquels ils sont poursuivis se distinguent par un modus operandi souvent bien similaire. Les individus - au nombre de quatre et agissant notamment en pleine journée - pénètrent armés au domicile de personnes ; les frappent ; les ligotent ; dérobent des objets de valeur et détruisent le reste.

Depuis que cette bande agit, la piste d’une faction armée agissant pour l’approvisionnement des filières d’orpaillage illégal avait été évoquée à différentes reprises. « La frontière est mince entre ce qu’il se passe sur le littoral et l’orpaillage illégal. Forcément, l’orpaillage est alimenté par des flux logistiques qui ne sont pas autorisés », répondait à ce sujet l’ancien commandant de la gendarmerie de Guyane, le général Stéphane Bras en juillet dernier. Dans ce contexte, la tentative de vol du Maïpouri du zoo de Guyane faisait aussi partie des faits potentiellement attribués à ce même groupe.

Autre précision, selon Radio Peyi, l’affaire de la précédente arrestation à Family Plaza, à qui on attribuerait le braquage et la séquestration sanglante de la famille à la Chaumière, ne serait pas attribué à la même bande. Une information qui renforce l’argument selon lequel plusieurs factions armées agissent actuellement sur le territoire guyanais.

L’enquête de la section de recherches de la gendarmerie de Cayenne continue évidemment. D’autres interpellations pourraient suivre.


*La voiture volée de Jean-Paul Le Pelletier, dérobée au cours de son braquage, a été retrouvée dernièrement par les enquêteurs