Marc Ho-A-Chuck estime qu'il ne faut pas fragiliser la seule télévision privée généraliste guyanaise (HG)
Le procureur général et les anciens patrons de la chaîne avaient fait appel de la décision du tribunal de commerce, estimant qu'elle était entachée d'irrégularité. La cour d'appel ne leur a pas donné raison.
Marc Ho-A-Chuck a le sourire. Le tribunal vient de lui donner raison une nouvelle fois dans le dossier de la télévision privée Antenne Télé Guyane. « C'est une décision qui nous paraissait normale » , explique l'intéressé après-coup. Pourtant, rien n'était gagné d'avance car son projet de reprise avait été doublement attaqué sur le plan judiciaire.
D'abord par le procureur général, qui demandait à la cour d'appel de prononcer la nullité du jugement du tribunal de commerce en date du 11 avril dernier. Puis par les anciens responsables d'ATG. Les deux estimaient que la décision du tribunal de commerce était entachée d'irrégularité. En cause, l'absence de plusieurs juges consulaires à l'occasion des débats au tribunal de commerce.
Il est noté dans la décision rendue hier matin que « le tribunal constate que trois juges consulaires sur cinq sont impliqués dans le fonctionnement de la société ATG en leur qualité d'actionnaires ou de conjoint d'actionnaire et qu'en conséquence, seuls deux juges consulaires sont en mesure de composer le tribunal mixte de commerce au lieu de trois prévus par le code » .
Marc Ho-A-Chuck, président de la SAS Antenne Télé Guyane se souvient que le juge a interrogé les deux parties concernées afin de savoir si elles voulaient que l'audience se poursuive. « Les parties n'ont pas entendu soulever de difficultés particulières sur ce point » , explique-t-on dans le jugement. Une décision a donc été rendue en faveur du projet de reprise présenté par Marc Ho-A-Chuck.
Hier, suite à une audience en date du 22 septembre, la cour d'appel a estimé que les demandes du ministère public tout comme celles des anciens d'ATG étaient irrecevables. On estime que les parties en présence étaient clairement averties de la situation. « Je suis ravi de voir que les institutions de la République fonctionnent bien » , s'est félicité Marc Ho-A-Chuck qui n'avait pas envie de voir des grains de sable gripper la reprise d'activité de la télévision privée guyanaise. « Nous avons fait un travail colossal depuis trois mois. Les actionnaires ont investi 300 000 euros » , explique-t-il, ravi de ne plus avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Mais il ignore si les anciens patrons ne feront pas une nouvelle fois appel. Ces derniers avaient demandé la remise en redressement judiciaire de l'entreprise. Une façon de reprendre la main...
(Henri Griffit)
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