Albina 2 victime d'un 2e incendie en moins d'un an
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Albina 2 victime d'un 2e incendie en moins d'un an

Eric GERNEZ depuis Paramaribo
Capture d'écran d'un incendie à Antonio do brinco
Capture d'écran d'un incendie à Antonio do brinco au Suriname

Au moins cinq bâtiments ont été gravement endommagés, dont deux ont été entièrement détruits par les flammes.

En face de Maripasoula, les comptoirs qui alimentent l’orpaillage se dressent sur leurs pilotis le long du fleuve. C’est Antonio do Brinco, sorte de mélange d’ambiances entre Far West et scènes de Macondo, le village de Cent ans de solitude.

Flammes dans la nuit

Aux premières heures de samedi, Maripasoula s’est réveillée devant le spectacle des flammes sur la rive opposée. Antonio do Brinco était de nouveau touché par un violent incendie.

En peu de temps, au moins cinq bâtiments ont été gravement endommagés, dont deux ont été complètement engloutis par les flammes.

Le sinistre s’est déclaré dans un supermarché qui abritait également le poste de police. Le feu s’est propagé à un deuxième supermarché, utilisé aussi comme appartement.

Le village est constitué d’un labyrinthe de ruelles en bois sur pilotis, de magasins, de bars et d’hôtels. Le feu s’y propage très vite.

Ces bâtiments avaient été reconstruits récemment après l’incendie catastrophique qui avait ravagé le village l’année dernière. On a entendu des explosions, mais il n’y a pas eu de victimes.

L’incontrôlable carburant de contrebande

Les conditions de stockage de grosses quantités de carburant sont, une fois encore, mises en cause.

Stocké dans ces bidons métalliques de 200 litres, surnommés « tambours » sur le fleuve, le carburant n’est soumis à aucune règle de précaution.

On évoque ce matin des bidons vieux et rouillés, qui auraient fui et seraient à l’origine de l’incendie.

Le village, devenu en peu de temps un centre important pour le commerce de l’or, se compose en grande partie de bâtiments en bois. Les habitants parlent d’un village qui « semble toujours vivre sur une bombe à retardement ».

Les flammes de cet incendie éclairent à nouveau une situation incroyable. Il faut rappeler que, pour produire un kilo d’or, le volume de carburant nécessaire est de 1 300 litres. Même si l’on retient les chiffres officiels de 7 tonnes d’or annuelles extraites du versant français du Maroni, cela représente des millions de litres de carburant qui transitent sur le fleuve chaque année. Où, dans le monde, un tel flux d’hydrocarbures est-il transporté et stocké en faisant fi des plus élémentaires règles de sécurité ? Le véritable levier de la lutte contre l’orpaillage se situe au niveau du carburant et de sa logistique. Il n’existe pas de collaboration bilatérale entre la France et le Suriname sur la question du transport des carburants sur le fleuve. La Convention de 1915, qui régit et autorise les transports sur le Maroni, doit être réexaminée. Il y a 110 ans, les carburants ne posaient pas de problème. Aujourd’hui, si.

 

 

 

 

 

 

 

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