Affaire Michel Zecler : « L'attente se vit comme un long chemin de croix »
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Michel Zecler, victime de violences policières

Affaire Michel Zecler : « L'attente se vit comme un long chemin de croix »

Propos recueillis par Karine Saint-Louis-Augustin
Michel Zecler, producteur de musique, agressé par des policiers en 2020.
Michel Zecler, producteur de musique, agressé par des policiers en 2020. • DR

Cinq ans après son agression par des policiers, à Paris, Michel Zecler raconte l'incompréhension, la frustration et le sentiment d'injustice qui accompagnent l'attente d'un procès toujours reporté. Il livre un témoignage lucide et poignant sur les violences policières et leur impact durable.

Lorsque vous repensez à cette journée du 21 novembre 2020, quel est l'image ou le ressenti qui vous revient en premier ?

C'est une sensation bizarre de sidération qui me revient presque en boucle quand je repense au jour de mon agression. Les cris, les coups, les odeurs de lacrymogène, le goût du sang qui coule sur mon visage... tout se passe presque au ralenti, avec la sensation que je n'ai rien à voir avec ce qui est en train de m'arriver.

Cinq ans après les faits, alors que le procès n'a toujours pas eu lieu, comment vivez-vous cette attente et que révèle-t-elle, selon vous, du fonctionnement de la justice dans ce type d'affaires ?

L'attente se vit comme un long chemin de croix. Dans mon cas, ces agents ont avoué une bonne partie de leurs actes, ce qui rend la situation encore plus incompréhensible. Plus le temps passe, plus les gens se détachent un peu. Certaines personnes pensent même que mon affaire a été classée. Que ce soit intentionnel ou non, j'ai le sentiment que cette lenteur joue plutôt en faveur de mes agresseurs.

Les juges n'ont pas retenu la circonstance aggravante de racisme, mettant en avant l'absence de preuves suffisantes. Comment réagissez-vous face à cette décision et qu'est-ce qu'elle représente pour vous, sur le plan personnel comme symbolique ?

La justice a été assez sourcilleuse, je trouve, pour éliminer cette circonstance aggravante. Je n'ai pourtant jamais varié dans mon témoignage. J'ai subi un torrent d'insultes racistes qui m'a beaucoup marqué. Ce qu'on peut regretter, c'est que la parole d'individus dont les procès-verbaux ont été battus en brèche à trois reprises continue à être prise très au sérieux par la justice.

La Défenseure des droits est intervenue avec une analyse très critique des pratiques policières en...

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