Agir globalement face au changement climatique
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Agir globalement face au changement climatique

Faustine Le Guillard

Le député martiniquais Marcellin NADEAU et la parlementaire polynésienne Mereana REID-ARBELOT, de la Gauche Démocrate et Républicaine -NUPES ont déposé une proposition de Résolution parlementaire pour adapter et mutualiser les politiques publiques face au dérèglement climatique, notamment à destination des villes côtières et insulaires.

Le principal objectif de cette proposition est bien de lutter contre l’érosion côtière des territoires ultra-marin mais aussi des littoraux de la France hexagonale. En effet, les villes côtières et insulaires sont particulièrement concernées par les conséquences du changement climatique accéléré.

Recul du trait de côte

En Martinique, en Polynésie française comme en Seine-Maritime, à Oléron, ou aux Sables d’Olonne et en Camargue, certaines zones sont menacées de submersion, phénomène qui a parfois déjà commencé.

Au Prêcheur, dans le Nord de la Martinique, le trait de côte a reculé de plus de 100 mètres en moins de 50 ans. Nombreux sont les habitants qui soupirent à la vue de ce recul: "Peut‑être qu’à la prochaine houle, ces gens‑là seront obligés de laisser leur maison", craignent certains. 

C’est un fait : dans moins de 20 ans la Martinique aura perdu près de 10 % de son territoire, par rapport au seul phénomène de l’élévation du niveau de la mer, avec l’apparition également de tempêtes qui vont exacerber la force de pénétration de la mer à l’intérieur des terres. 

En Polynésie, des atolls disparaissent faisant apparaître les premiers migrants climatiques. A Tuamotu déjà, la population des atolls envisagent d’émigrer vers l’Australie ou les Marquises.

"Relocalisation urbaine" et refondation utopique"

Marcellin NADEAU, maire du Prêcheur de 2008 à 2022, est engagé depuis de nombreuses années, pour la mise en protection du bourg par son déplacement. Un projet poursuivi par l’actuelle municipalité, sous la houlette du nouveau Maire Alain GERMAIN. L’expérimentation de "relocalisation urbaine" et de "refondation utopique" de la vie du Prêcheur, cette commune située entre la mer des caraïbes et le volcan de la Montagne Pelée, a été primée au niveau international, notamment pour les solutions apportées face aux nombreux et intenses risques d'une telle zone (submersion, érosion, houle cyclonique, coulées de lahars, aléas sismiques, volcaniques, etc.).

Le projet présente la "réinvention spatiale" comme indispensable à la pérennisation des infrastructures du territoire et au maintien de ses habitants.

Cette démarche est aussi l’occasion de créer une référence à vocation pédagogique pour les territoires côtiers soumis aux dynamiques littorales intenses, d’améliorer les conditions de vie des habitants du littoral dans un cadre expérimental partagé et de montrer, par conséquent, qu’il est possible de s’adapter intelligemment au changement climatique à condition de redéfinir les politiques publiques et de mutualiser les moyens financiers.

Un nouveau paradigme d’intervention publique

Marcellin NADEAU ne cesse de rappeler que le dérèglement climatique crée une urgence et un risque majeur. La Commission du développement durable et de l’Aménagement du territoire de l’Assemblée Nationale, à laquelle il appartient, lui a confié en 2023 la responsabilité d’un rapport budgétaire sur la question de "la prévention des risques majeurs", à l’occasion de l’étude de la dernière loi de finances pour 2024.           

Des visites de terrain, de nombreuses auditions s’en sont suivies et se sont conclues par un constat dramatique. Alors que les territoires littoraux, les communes insulaires et côtières se mobilisent sur les enjeux relatifs au recul du trait de côte, "force est de reconnaître qu’au-delà des discours sur la priorité à donner à l’adaptation climatique par le gouvernement, les lacunes sont immenses", indique le député, "et celles-ci ne font, en fait, pas l’objet d’un programme dédié, global et cohérent dans le budget de l’Etat".

En effet, une quinzaine de programmes et d’actions mobilisent des financements pour l’aménagement du territoire et la préservation des espaces naturels, comme le "fond vert" ou le "plan France 2030", mais ces politiques ne s’inscrivent pas dans la définition d’une politique publique globale pour faire face au dérèglement climatique.

Ainsi, le texte de la proposition de résolution de Marcellin NADEAU et de Mereana REID-ARBELOT, auxquels se sont joints unanimement les députés du groupe parlementaire GDR, devrait être présenté en discussion en séance publique, à l’Assemblée Nationale, dans le cadre de la niche du Groupe parlementaire de la Gauche Démocrate et Républicaine le 30 mai 2024.

Celui-ci demande de planifier d’urgence sur le long terme des réponses adaptées aux contextes locaux et surtout, d’inscrire le plan national d’adaptation au changement climatique dans un chapitre de la prochaine loi de programmation pluri-annuelle énergie climat.

Marcellin NADEAU, député martiniquais GDR - NUPES. • Assemblée Nationale
 
Mereana REID-ARBELOT, députée polynésienne du GDR - NUPES. • Assemblée Nationale
Une question environnementale mais aussi sociale, sanitaire et économique.

L’adaptation aux effets des changements climatiques concerne de multiple secteurs et l’absence de mutualisation de la gestion des risques est aussi un facteur d’accélération et de multiplication des risques. 

Ainsi, pour éviter un saupoudrage des moyens et des financements, et pour être au niveau des enjeux fondamentaux, qui sont ceux de l’adaptation de nos territoires et de nos populations au changement climatique, les auteurs de la proposition suggèrent une mutualisation et une adaptation des politiques publiques, ainsi qu’un développement de nouvelles façons de produire, de partager et de consommer.

Dans ce but, et pour ne pas laisser les communes seules face à la gestion des risques naturels, qui impose des mesures drastiques, y compris de relocalisation et de migration des populations, Marcellin NADEAU et Mereana REID-ARBELOT préconisent la création d’un fonds d’érosion côtière ainsi qu’une mutualisation des connaissances et de la gestion des risques majeurs regroupant les divers organismes intervenant en la matière (BRGM, Météo France, CNRS, Université de médecine de Créteil Henri-Mondor, INERIS, CEREMA, AFD…).

Il leur paraît urgent de définir une vision intégrée des différents risques sur un même territoire, qui débouche sur une politique de gestion et d’aménagement cohérente et globale. 

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