Comment avez-vous découvert votre séropositivité ?
C'était en 2007. J'étais malade, je suis allée aux urgences de l'hôpital. On a découvert que j'avais le VIH. Quand j'ai su que j'étais infectée, ça a vraiment été très dur de le comprendre, de l'accepter. Je croyais que j'allais mourir vite. Que les gens allaient me rejeter. Que je n'allais servir à rien. Mais aujourd'hui, je n'ai plus peur (elle sourit). Je vais vivre encore et encore. La vie est belle pour moi. Je veux vivre pour mes enfants. Savez-vous comment vous avez été infectée ?
C'est mon ancien copain. Il prenait un traitement, mais il me disait que c'était pour une autre maladie. Il m'a menti. Quand j'ai su que j'étais infectée, je suis allée le voir, et il m'a avoué qu'il avait aussi le VIH. En avez-vous parlé à vos proches ?
J'en ai parlé à ma famille. À ma mère, à ma soeur, à mon frère. Ils me donnent des conseils, ils m'appellent pour savoir comment se passe le traitement. Mes enfants savent que je suis malade, mais ils ne savent pas quelle maladie. Je n'en ai pas parlé à mes amis. J'ai peur qu'ils me rejettent. Vous avez rejoint l'association Entr'aides...
C'est l'hôpital qui m'a conseillé de venir. À Entr'aides, ils ont de bons conseils, ils m'apportent des solutions pour mieux vivre. C'est une bonne association, ils sont vraiment gentils! (rires) Comment se déroule le traitement ?
Ça devient de plus en plus facile. Je prends un médicament par jour. Avant, il y en avait 3, 4 ou 5. Maintenant, c'est mieux. Et la vie quotidienne (sexualité, enfants...) ?
J'utilise des préservatifs. Pendant ma grossesse, j'ai pris un traitement spécial pour protéger bébé. Tout va bien. Le thème de la Journée de lutte contre le sida est la lutte contre les discriminations, pour la solidarité. Est-ce important pour vous ?
Oui. Plein de gens ne comprennent pas. Quand ils apprennent que quelqu'un est malade, ils le traitent comme un chien. Il faut se battre. Aujourd'hui, comment vivez-vous votre maladie ?
Je n'ai pas de soucis avec la maladie. Je suis habituée. Si tu prends bien ton traitement, si tu manges bien, tu oublies que tu es malade. Seul le traitement te le rappelle. Ça ne sert à rien d'y penser tout le temps... Ça ne changera rien, tu es déjà infectée. Il faut vivre ta vie. Et la vie est belle. (1) Le prénom a été changé afin de conserver son anonymat.
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