Université : polémique autour d'une lettre de Raphaël Confiant
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Université : polémique autour d'une lettre de Raphaël Confiant

P.R / A.S-M

Une assemblée générale a eu lieu ce matin au pôle universitaire. Les propositions de la présidentes de l'UAG ont été discutées. Le président du Conseil Régional est intervenu pour dénoncer des "propos orduriers" de Raphaël Confiant, Doyen de la Faculté des Lettres de l'UAG. 

Une nouvelle assemblée générale était organisée ce lundi matin au pôle universitaire. Il a d'abord été question des réponses apportées par l'intersyndicale aux propositions de la présidente de l'UAG, Corinne Mencé-Caster, des propositions jugées "bien en dessous de ce que nous attendions", selon Laurent Linguet, membre de l'intersyndicale ("Pug : l'intersyndicale peu convaincue par les propositions").

Mais dans l'amphi où quelques cent personnes avaient pris place, une lettre de Raphaël Confiant, écrivain martiniquais et Doyen de la Faculté des Lettres de l'UAG, adressée à un journaliste guadeloupéen était dans tous les esprits. Une lettre rédigée en créole, et contenant des mots assez durs (voir ci-dessous). 

Et face à ce qu'il considère comme des "propos orduriers", Rodolphe Alexandre avait fait le déplacement sur le campus pour dénoncer ce courrier dont il avait pris connaissance la veille, interpellé par des étudiants lors d'une visite sur le piquet de grève. C'est d'ailleurs le service communication de la Région qui a fait circuler la lettre - privée - par mail.
 
Message écrit par Raphaël Confiant, Doyen de la Faculté des Lettres, et adressé au journaliste Danik Zandwonis :

" Danik, 
Awa, prézidant-la pa dépasé AN PON JAN ! Sé prèmié fwa on prézidan a l'UAG ka vin Guiyàn èvè on séri popozision pou "redéployer les postes".

Kivédi Pol Matinik é Pol Gwadloup a l'UAG lagé pos ba la Guiyàn é mwen menm, kon dwayen Lafak dé Let, an lagé 3 pos.
Mé ou sav vré pwoblem-la, sé ki biten : sé tèbè Guiyanè-la konpwann sé yo ké trapé sé pos-lasa.

Pff ! Ni on "procédure" pou vin inivèsitè adan sistem fwansé la ki ni 5 étap : doktora + kalifikasion + postilé asi on pos + trapé on séleksion adan sé kandida-la + fè on "audition" (pasé douvan on "commission d'audition").? 

Prèmié étap-la, sé dabò-pou-yonn trapé on doktora, men lè ou gadé pa ni Guiyanè ki ni sa é TOUT SE POS-LA nou ké ofè sa, sé Métro ki ké postilé é sé yo ki ké trapé yo. Pa ni zafè "préférence locale" adan rèkritman a inivèsité. Pa menm ni "préférence nationale" èvè zafè a l'EWOP la. Dwayen a Lafak dé Sians a Matinik, Maximilian Hassler, sé on...Alman.

Sé Kréyol guiyanè-la sé on bann enbésil-rasis ki met an wout pou déchouké René Dorville (dwayen a Fak Guiyàn) davwa i Gwadloupéyen é Jean-Marie Fotsing (prézidan a Pol Guiyàn) davwa i Afriken.

Sa fo ou sav sé kè sé sé anségnan a Pol Guiyàn la YO MENM ki éli sé mésié é kè ni Mencé-Caster ni FIORASO pa ni dwa démisioné yo.

Fo savé sa ! Ni on diskou anti-antiyé é anti-afriken telman red an Guiyàn kè Préfé-la désidé woté Prézidant-la èvè "staff" a'y ('adan'y ni 2 Gwadloupéyen : Didier Bernard et Jacky Nayaraninssamy) pou lojé yo adan on..."caserne militaire" !!! Pouki ? Davwa sékirité a yo pa té garanti adan lotel-la. Pou té woupati laéwopò, préfè-la ba yo on pwoteksion rapwoché asi wout-la !!!? 

 Wouli bien mel-lasa pou vwè jan sa GRAV ! Sé Guiyanè-la sé on bann rasis ki pa vlé vwè ni Antiyé ni Afriken ni Ayisien. Sel moun yo ka asepté sé Métro é Brézilien paskè po a yo klè é chivé a yo plat !?
 

Afarel" 
 
• Traduction :

" Danik,

Non, le président n'est dépassé en aucune manière. C'est la première fois qu'un président de l'UAG se déplace en Guyane avec des propositions sérieuses afin de "redéployer les postes".

Ce qui veut dire que les Pôles Martiniquais et Guadeloupéen de l'UAG ont "lâché" des postes pour la Guyane et moi-même, en tant que Doyen de la Faculté des Lettres, j'en ai "lâché" trois.

Mais le problème est que ces idiots de Guyanais croient qu'ils vont avoir ces postes. Pff ! Il y a une procédure pour devenir universitaire dans le systeme français, qui comprend cinq étapes : doctorat + qualification + postuler pour un poste + être sélectionné parmi les candidatures + passer une audition (devant une commission d'audition).

La première étape est d'abord d'avoir un doctorat, mais il n'y a pas de Guyanais qui en a un, et tous les postes que l'on va leur offrir, ce sont des Métros qui vont y postuler et les obtenir.

Il n'y a pas d'histoire de préférence locale dans le recrutement universitaire. Il n'y a même de préférence nationale, avec cette histoire d'Europe. Le Doyen de la Faculté des Sciences de la Martinique, Maximilian Hassler est... Allemand.

Ces Créoles Guyanais sont une bande d'imbéciles-racistes qui s'organisent pour faire licencier René Dorville (Doyen de la Fac de Guyane) parce qu'il est Gaudeloupéen et Jean-Marie Fotsing (président du Pôle Guyane) parce qu'il est Africain.

Ce qu'il faut savoir, c'est que ce sont les enseignants du Pôle Guyane eux-mêmes qui l'ont élu et que ni Mencé-Caster, ni Fioraso ne peuvent démissionner.

Il y a un discours anti-antillais et anti-africain tellement fort en Guyane que le Préfet a décidé de déloger le Président et son staff (dont deux Guadeloupéens : Dider Bernard et Jacky Nayaraninssamy) pour les loger dans... une caserne militaire !!! Pourquoi ? Parce que leur sécurité n'était pas garantie dans l'hôtel (où ils étaient). Pour repartir à l'aéroport, le Préfet leur a donné une protection rapprochée sur la route !!

Les Guyanais sont une bande de racistes qui ne veulent pas voir d'Antillais ou d'Africains. Les seules personnes qu'ils acceptent ce sont les Métros et les Brésiliens parce que leur peau est plus claire et leurs cheveux sont lisses.

Afarel. "
 
 



• La réaction de Rodolphe Alexandre ici : http://www.cr-guyane.fr/actualites/propos-de-raphael-confiant

Selon Raphaël Confiant, il n'y aurait pas de Guyanais assez qualifiés pour être Universitaires. Il en existe pourtant. On pense notamment à l'historien Jean Moomou, embauché à l'UAG sur le Pôle... Guadeloupe. Depuis le début du conflit sur le Campus du Troubiran, il semble que l'intersyndicale et le collectif étudiant réclament plus de postes en Guyane, sans parler forcément de professeurs guyanais.  
 
RÉACTION DE RAPHAEL CONFIANT À LA "FUITE" DE CETTE LETTRE

" Chers (es) collègues,
 
   Outré à la lecture des propos xénophobes et racistes d'un certain Jules Linguet (de la Guyane) dans un ouvrage intitulé "IMBATTABLES CREOLES", j'ai dans un échange mail strictement privé avec un ami guadeloupéen, réagi avec colère non pas contre l'ensemble des Guyanais, mais contre ceux qui, actuellement, utilisent, sans avoir le courage de l'avouer, la même rhétorique. Ce mail, écrit en langue créole, a probablement été envoyé par cet ami guadeloupéen à quelque autre correspondant à lui, sans la moindre intention de me nuire, et à partir de là, une conversation privée se transforme, par le biais de l'Internet, en une conversation publique.
   Tous ceux qui connaissent mon attachement à la Guyane savent que je ne visais absolument pas l'ensemble des Guyanais. J'ai fait cours durant des années à Cayenne, bien avant la construction du campus de Trou-Biran, dans le cadre de la Licence et de la Maîtrise de Créole qu'organisait alors la Formation continue. J'ai avec l'ISEF (Institut Supérieur d'Etudes Francophones de Martinique) participé à la formation d'enseignants de FLE (Français Langue Etrangère), cela à Cayenne et dans le but de travailler avec l'Amapa et le Para. Dans le cadre de mes travaux sur la littérature en créole, j'ai travaillé sur Alfred Parépou et son roman "ATIPA" (1885), sur Verderosa et d'autres auteurs. J'ai d'ailleurs participé au Festival annuel du conte créole qui se déroule chaque année en Guyane et animé des conférences avec d'autres à Kourou, Sinamary, Mana etc...Enfin, en tant que doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de la Martinique, dès qu'il a été question de redéploiement des postes vers le Pôle Guyane, j'ai aussitôt proposé d'en céder quelques-uns à ce dernier dès l'instant où d'autres composantes de l'UAG feraient le même effort.
   Que certains cherchent donc à utiliser aujourd'hui un mail privé pour tenter de noyer le poisson et éviter d'affronter les vrais problèmes du Pôle Guyane est, à mes yeux, dénué de sens.
   Bien cordialement.
 
RAPHAEL CONFIANT
 
PS. Quelques passages du livre de Jules LINGUET :
 
   . p. 128 : "Les Martiniquais, plus massiment alinénés, jouent alors sciemment un rôle de rabatteurs au dépends des Guyanais."
 
   . p. 129 : "Le tempérament de ces autres Créoles à savoir les Martiniquais--assis sur une longue et obsédante fascination pour l'autorité (fascination transférée du béké aux divers échelons de l'administration coloniale), et stimulé par un opportunisme à tous crin, le désir irrépressible de parvenir et la vanité, les livrait à la volonté du pouvoir local et gouvernemental dont ils étaient les commensaux."
 
   . p. 131 : "Régulièrement renforcée par de nouveaux apports pendant plus d'un siècle, la fraction martiniquaise a participé, sans qu'on en ait eu une claire conscience, au minage du "rakaba" (grosse souche ramifiée) guyanais."
 
   . p. 132 : "Dans le même temps où les Martiniquais arrivent plus nombreux en Guyane, les zones rurales du littoral et de l'intérieur se dépeuplent plus rapidement en créant plus de vide dans l'arrière-pays qu'il n'en était auparavant et en augmentant la charge démographique sur l'île de Cayenne."
 
   . p. 162 : "Plutôt que de s'attacher à ouvrir de nouveaux espaces, ils entreprirent plutôt d'asphyxier les Guyanais de souche en envahissant avidement le commerce, le bâtiment, le transport, la police, l'enseignement, à ses dépens...".
 
   . p. 167 : "Le métissage apparaît comme une rupture de l'ordre naturel__un désordre--puisque la Nature ou le Créateur) n'a pas originellement inclu les variétés métisses dans le Genre humain (la règle fondamentale de la Nature naturante étant celle de la pureté).
 
   . p. 168 : "Le métissage s'apparente à une immolation à caractère délibérément profanateur et meurtrier car il se traduit par une forme de destruction de l'intégrité de l'un et de l'autre des individus engagés dans cette entreprise (suicide-homicide).
 
   .p. 169 : "De ce qui ressort du métissage, on comprend facilement, que le surmétissage (métissage à partir du métis) ne peut que constituer une lourde aggravation au point que sa généralisation serait susceptible d'engendrer une forme de chaos"
 
                                                                         ...et le reste à l'avenant !
"
 
 
Université : la mobilisation va s’amplifier.

L’intersyndicale mandatée pour faire valoir la plate-forme de revendications votée lors de l’AG du 8 octobre 2013 constate qu’aucune réponse nouvelle n’a été formulée par la présidente de l’UAG hormis celle livrée par médias interposés.

Les questions matérielles, pédagogiques, et éthiques n’ont reçu aucune réponse sérieuse pour les étudiants, les administratifs, les enseignants.

Au final nous sommes loin de l’université de qualité que nous exigeons. La question d’une autonomie avancée pour l’Université de la Guyane est maintenant posée. Nous appelons la population, la jeunesse et les salariés à une manifestation de soutien à notre mouvement le mardi 15 octobre : départ à 9 heures du campus de Troubiran.

Dress-code : rouge et noir. Cayenne, le 13 octobre 2013 L'Intersyndicale du Pôle Universitaire Guyanais
 
 Communiqué du Cercle des Universitaires Démocrates

En dépit des propositions concrètes formulées par la Présidente de l’Université des Antilles et de la Guyane et répondant à la quasi-totalité de ses revendications, l’intersyndicale exige le départ du Vice-président du pôle Guyane et du directeur de l’IESG, ainsi que celui du chef de département Lettres et Sciences Humaines et de l’administrateur provisoire de l’ESPé-Guyane (ex-IUFM) également responsable du département des Sciences, invoquant des problèmes de gouvernance.

Face à cette demande, il nous paraît important de souligner que : - L’Université répond aux critères démocratiques qui fondent notamment son fonctionnement.

Tous les responsables sont démocratiquement élus par tous les acteurs de l’Université (titulaires, vacataires, contractuels, chargés de recherche) pour des mandats à durée déterminée.

• Demander le départ d’élus, quelle que soit leur position au sein de l’Université, est un procédé antidémocratique et une entorse profonde aux principes universitaires. Ceci participe de la construction de cette « université bananière » que prétendent dénoncer pourtant certains membres de l’intersyndicale !
• Le système universitaire actuel a fonctionné par le passé sans qu’il n’ait été décrié jusqu’ici.
• Le fond du problème est un problème de personnes bien éloigné des préoccupations des étudiants de ce pays.
• La grève - utilisée dans une démarche constructive - est un droit qui doit être respecté comme doit l’être également le droit au travail.

Suite aux réponses concrètes apportées par la Présidente, on est en droit de se demander quels sont les réels fondements et motivations pour poursuivre cette grève. Certainement pas l’intérêt des étudiants guyanais !

Enfin, le cercle des Universitaires Démocrates s’inquiète du climat xénophobe montant sur le campus nuisible à l’intérêt collectif, et souhaiterait qu’à l’avenir les débats aient lieu sur des bases humaines mettant en avant les compétences des collègues et non pas leur origine.

Devant ce constat, le cercle des Universitaires Démocrates, conscient que des réponses concrètes ont été apportées aux revendications des étudiants et de l’intersyndicale, demande : · Qu’une mission ministérielle indépendante arrive en Guyane pour identifier les raisons objectives des problèmes non pas sur les derniers mois mais sur les 10 dernières années à minima par souci de transparence. 
• Que les droits de chaque personne soient respectés et que l’accès aux bâtiments (salles de cours et bureaux ) soit libéré. 
• Que les cours reprennent en toute sérénité dans le respect mutuel des convictions de tout un chacun rapidement dans l’intérêt des étudiants afin de ne pas compromettre davantage l’année universitaire.

Le Cercle des Universitaires Démocrates
 
 
 Réaction de Marie-Laure Phinéra-Horth :

Marie-Laure Phinéra-Horth, Maire de Cayenne, a publié un communiqué dans lequel elle "condamne avec fermeté l'offense faite aux Guyanais par Raphaël CONFIANT dans son courriel adressé au journaliste Danik Zandwonis.

Elle rappelle que Monsieur CONFIANT avait déjà fait preuve d'un grand mépris à l'égard des lycéens et étudiants guyanais, lors de leur mobilisation pour un rectorat de plein exercice en Guyane.

Monsieur Confiant a démontré à tous son incapacité intellectuelle et morale à demeurer le doyen de la Faculté des Lettres de l'UAG après de tels propos.
Madame le Maire espère au nom de la dignité des Guyanais et de leurs comparses martiniquais et guadeloupéens que des mesures seront prises à l'encontre de Raphaël CONFIANT.
"
 
 
Réaction de Walwari
 
" Revendications UAG/Guyane – Propos inacceptables de l’écrivain Raphaël CONFIANT
 
Monsieur CONFIANT doit savoir que la démence xénophobe sur laquelle repose la stratégie de réponse des responsables de l'UAG face au besoin d'émancipation légitime de la formation supérieure en Guyane n'effraie personne.

Walwari espère une réaction nourrie de tous ceux qui vivent dans notre pays et se battent pour son développement afin que ce qui fonde l'identité guyanaise ne soit pas galvaudé par un impérialiste de pacotille affolé de perdre sa suprématie confiscatoire sur le potentiel guyanais.

Walwari considère que seul compte l'avenir de la jeunesse de ce pays et que nous avons le devoir de rendre leur destin possible en nous battant à leurs côtés. La seule condition de cette ambition est l’avènement d'une université de plein exercice.
 
Joël PIED
"
   
 
Réaction du Parti Socialiste Guyanais :

" Le Parti Socialiste Guyanais est scandalisé par les propos d’Un homme qui se dit « Homme de lettres » et condamne cette diatribe insultante pour nous et notre Jeunesse ;

Le PSG rappelle à Monsieur Raphaël CONFIANT que la démographie de la Guyane est le signe indélébile d’un pays en devenir, qui ne peut se construire que sur le socle fort de l’acquisition de compétences par la formation.

Le PSG réaffirme que seule une Université de plein exercice s’appuyant sur nos potentiels et nos richesses naturelles, nous permettra de prendre notre place et de rayonner dans notre environnement géographique «  La Guyane au cœur d’un continent - l’Amérique du Sud ».
"
 
 
 
 


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