Parmi les actions de cette matinée dédiée à la sécurité routière, le test sur simulateur (ASM)
Hier, le lycée Michotte, à Cayenne, organisait une matinée consacrée à la sécurité routière.
Témoignages, simulateurs, démonstrations et rencontres avec des policiers, des intervenants sécurité routière et un assureur, le lycée Jean-Marie Michotte n'avait pas lésiné sur les moyens pour sensibiliser quelques dizaines de jeunes aux dangers de la route. Coordonnée par Lyonel Lafontaine, enseignant à Michotte et lui-même IDSR (Intervenant départemental de la sécurité routière), l'action ciblait plus particulièrement les lycéens des filières mécaniques. « Car ce sont eux qui gagnent de l'argent en trafiquant les engins de leurs copains » , précise Martine Nivoix, CPE à Michotte. Les « engins » , c'est-à-dire les scooters, étaient en effet au coeur de cette matinée. « À Michotte, il y a un gros travail de prévention à faire sur les deux-roues, explique Lyonel Lafontaine. Il y a des problèmes de comportement mais, surtout, les élèves veulent toujours aller plus loin sur le débridage. »
177 KM/H EN SCOOTER
Ce problème de débridage, le brigadier-chef Pascal Giraud le rencontre systématiquement lors des contrôles qu'il réalise sur les routes plusieurs fois par semaine. Et cela lui fait peur. « On a des engins qui dépassent les 100 km/h alors qu'ils sont construits pour ne pas dépasser les 45 km/h. Le record, ça a été un scooter qui pouvait monter à 177 km/h.
À cette vitesse, les freins chauffent et lâchent vite. » La vitesse potentielle des engins est testée par un curvomètre dont une démonstration était proposée avec deux scooters pris au hasard dans le lycée. L'un des deux était clairement débridé, il pouvait atteindre 108 km/h. « Avec ça, c'est 135 euros d'amende, une mise en fourrière et le démontage des pièces. Et je fais de vous un piéton » , explique en souriant le brigadier-chef.
TOUJOURS UNE BONNE RAISON
Chez les lycéens, c'est aussi avec le sourire que l'on prend les informations récoltées dans la matinée. Et c'est avec le sourire que la majorité termine accidentée sur le simulateur, faute d'avoir respecté le code de la route. Mais cela va-t-il les inciter à changer leur comportement ? « Non » , répond en choeur un petit groupe. Parmi ceux qui ont un scooter, tous expliquent avoir une bonne raison de le débrider. « Roule à 45 km/h dans un quartier, lance Ernest. À cette vitesse-là, tu es sûr de te faire braquer. » De même, pour Dygan, « le casque, ça tient trop chaud à la tête » . Quant aux tirages, « ce n'est pas du tout dangereux » , répondent plusieurs jeunes qui nous expliquent, sans sourciller, que les accidents arrivent « quand la police débarque » ! Au final, police et lycéens se retrouvent sur un point : puisque les jeunes aiment la vitesse, le mieux serait de leur proposer un circuit.
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