L'école de Sainte-Agathe reste désespérément fermée (photo d'archives)
L'ouverture de l'école de Sainte-Agathe est toujours suspendue à l'avis de la commission de sécurité. Celle-ci passera lundi 29 septembre dans l'école*
En ce mardi matin, les gamins sont nombreux à s'ébattre dans les petits jardins des pavillons familiaux du quartier de Sainte-Agathe, à Macouria. À l'heure où les autres enfants de leur âge sont en classe depuis déjà trois semaines, eux n'ont d'autre choix que de profiter de vacances prolongées. Faute de meilleure solution, certains parents ont décidé de les garder à la maison. Car l'ouverture du groupe scolaire de Sainte-Agathe a encore été repoussée. En cause, des travaux d'électricité qui n'ont pas été terminés à temps et, sans doute aussi, une mauvaise anticipation de la municipalité. Résultat : les 235 élèves inscrits à l'école de Sainte-Agathe sont toujours sur le carreau.
La commission sécurité envoyée en début de semaine dernière n'a pas donné son feu vert à l'ouverture de l'établissement, jugeant que toutes les conditions nécessaires à la sécurité des enfants et du personnel n'étaient pas remplies. Un prochain passage est programmé lundi 25 septembre*.
« AUX PARENTS D'ASSURER LA TRANSITION »
Installé dans un bureau qui sent la peinture fraîche et l'enduit, le directeur de l'école nous reçoit quelques minutes. Il n'a hélas que très peu d'éléments et préfère nous renvoyer vers la mairie. C'était de toute façon notre prochaine étape : là, nous demandons à rencontrer Sabrina Labrador, en charge des affaires scolaires. Un brin mal à l'aise (on la comprend), la jeune femme nous répond : « On espère que la commission pourra repasser demain ou après-demain (mercredi ou jeudi). L'ouverture de Sainte-Agathe est une question de jours, pas de semaines » , précise-t-elle. Avant d'ajouter : « On doit envoyer différentes attestations afin d'obtenir un autre passage de la commission, et notamment un rapport de l'Apave qu'on attend toujours. » On découvre aussi que des essais doivent encore être réalisés sur la borne incendie située à l'extérieur de l'école.
Dans le hall de la mairie, nous croisons une maman et son fils cadet, venus comme nous à la pêche aux infos. On lui précise qu'un communiqué sera sans doute diffusé dans France-Guyane au moment voulu. « Cette situation est inacceptable, nous confie-t-elle. Quand j'ai su que l'école n'ouvrirait pas à la rentrée, j'ai réinscrit mes enfants à Kourou. Je ne voulais pas qu'ils prennent du retard sur le programme. Le plus grand est en CM2, l'autre en CP. Des années charnières. Alors pendant trois semaines, je les ai conduits tous les jours. Comme nous n'avons pas obtenu de place à la cantine, j'ai même passé mes journées à Kourou, pour déjeuner avec eux. Heureusement que je ne travaille pas. Mais j'ai dû refuser des postes pour être disponibles pour eux. Cette semaine, je les garde à la maison et je leur fais faire des devoirs. Aux affaires scolaires de la mairie de Macouria, on m'a d'ailleurs déclaré que c'était le rôle des parents d'assurer la transition. » Une légèreté de ton plutôt malvenue en pareilles circonstances.
* (mis à jour 25/09)
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