120 élèves sont scolarisés au Village Zidock à Trois-Sauts (MD)
Comme chaque année, la rentrée des classes ne s'est pas toujours déroulée dans les meilleures conditions dans l'intérieur du pays. Entre soucis de logements pour les enseignants à Trois-Sauts et problèmes de faux plafond à Grand-Santi, voici deux exemples sur l'Oyapock et le Maroni.
Lors de son arrivée à Trois-Sauts le mardi 9 septembre, dans le cadre de sa permanence mensuelle, quelle ne fut pas la surprise du maire de Camopi, René Monervile, lorsqu'il a appris que son « carbet de fonction » était occupé par trois enseignants envoyés par le rectorat pour une durée de deux semaines. « Je suis le maire de la commune. Et c'est moi qui me retrouve à la rue » , s'est indigné René Monervile. « Je trouve incroyable qu'en tant que maire, je sois la dernière personne au courant de l'arrivée de trois enseignants remplaçants. Pourquoi le rectorat ne nous a-t-il pas prévenus ? »
Car ce n'est pas chose simple de se loger dans ce village enclavé qui ne possède ni commerce, ni hôtel. « Le rectorat nous a envoyés ici sans nous indiquer de logement, expliquent les professeurs remplaçants. Nous sommes d'accord pour nous débrouiller s'il y a des hôtels ou des options de logement, mais à Trois-Sauts, il n'est pas possible de louer quoi que ce soit. Nous nous sommes retrouvés à la rue. »
CARBETS INUTILISABLES
Deux logements situés sur la rive de l'Oyapock, dans le hameau de Lipo-Lipo, avaient pourtant été aménagés pour les enseignants. Mais ils sont inutilisables suites à des dégradations (fils arrachés, ampoules volées...). « Nous les avions inaugurés il y a deux ans à peine, avec eau courante et électricité. Mais tout a été cassé » , se lamente le maire. « Les carbets étaient attribués gratuitement aux instituteurs, mais maintenant je souhaite mettre en place des contrats de location car on voit ce que ça donne. »
Face à l'embarras de la municipalité et des enseignants, une solution provisoire a été trouvée. Un câble électrique a été tiré depuis l'annexe de la mairie jusqu'à un carbet inoccupé qui a été proposé aux enseignants pour la durée de leur remplacement.
Joint par téléphone, le rectorat assure que l'accueil des instituteurs sur les sites isolés est permis par une « coopération entre la communauté éducative et les autorités locales » qui sont souvent sollicitées pour aider les enseignants à se loger.
PAS MIEUX SUR LE MARONI
Direction maintenant le Maroni, et plus précisément Grand-Santi où la rentrée n'a pu se faire que ce lundi au groupe scolaire Élie-Castor, soit avec quinze jours de retard. Là, les enseignants ont effectué leur rentrée en même temps que les élèves. « Ils n'ont eu accès à l'école que lundi, ils n'ont pas pu préparer les classes » , raconte Fabienne Rochat, cosecrétaire départementale du Snuipp-FSU, de retour de Grand-Santi.
« Ils n'avaient même pas les listes d'élèves lors de la rentrée. Tout s'est passé dans la confusion. »
La cause du retard : des travaux à effectuer. Mais quels travaux précisément ? « On n'a jamais su exactement, déplore Fabienne Rochat. L'école est restée fermée pour des raisons floues et elle a ouvert le 15 septembre pour des raisons tout aussi floues car les travaux n'ont pas été réalisés. » Surtout, la syndicaliste s'alerte qu'aucun document officiel n'ait été produit pour assurer que l'école pouvait ouvrir ses portes aux élèves. « S'il y a danger, pourquoi ouvrir l'école alors que les travaux n'ont pas été faits ? S'il n'y a pas de danger, pourquoi n'a-t-elle pas ouvert à la rentrée ? »
DES TRAVAUX BIENTÔT RÉALISÉS
Joint par téléphone, le maire Paul Martin se veut rassurant : « Tout est rentré dans l'ordre, assure-t-il. Le problème vient des faux plafonds qui sont pourris par endroits et de fuites dans la toiture. On a contacté une entreprise, on attend qu'elle monte. En attendant, on a dégagé ce qui pouvait représenter un danger, on voulait que les enfants puissent rentrer le plus tôt possible. » Le maire le promet, les travaux seront réalisés très vite. « On va faire les classes une par une pour ne pas trop perturber les cours. » Si l'entretien des locaux est bien à la charge de la municipalité, pour le Snuipp, « il est temps que le rectorat prenne ses responsabilités » .
Le syndicat a en effet réclamé à plusieurs reprises une mission du comité hygiène et sécurité (CHSCT) à Grand-Santi en raison de la vétusté des locaux, mais elle n'a jamais été mise en place. Face à ce qu'il nomme « une omertà » , le Snuipp envisage maintenant de saisir cette fois le CHSCT ministériel.
À Grand-Santi, la rentrée n'a eu lieu que le 15 septembre pour cause de travaux... non réalisés (DR)
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