C'est un véritable serpent de mer. Le terrain a été choisi (en amont du sentier Belvédère), les financements sont en partie arrivés (1), le projet est bien ficelé... Pourtant, la nouvelle école de Saül peine à sortir de terre. Le futur établissement de deux classes accueillerait les élèves d'élémentaire d'un côté et les collégiens de l'autre. Un studio de passage serait également aménagé pour recevoir le précepteur qui viendra s'assurer ponctuellement du bon déroulement des cours. « On pourrait garder nos jeunes plus longtemps, espère le maire, Hermann Charlotte. Ça pourrait même être les prémices d'un collège. » Aujourd'hui, cinq gamins âgés de 11 à 13 ans ont choisi de suivre les cours du Cned par correspondance plutôt que de quitter leur famille. « Il faut une sacrée dose de motivation pour étudier dans ces conditions » , raconte Euridice Samuel. Mariée à un natif de Saül, elle s'est installée définitivement dans le village il y a trois ans. « Pour ma retraite, explique-t-elle. Ma fille entrait en classe de sixième et j'ai cru qu'elle pourrait intégrer rapidement la nouvelle école. Hélas, je crois qu'elle n'en bénéficiera jamais... Elle était la seule collégienne à ce moment-là. J'ai dû la pousser à travailler. Maintenant, ils sont plusieurs et étudient en groupe, avec l'enseignant de l'école, le mercredi et le vendredi. C'est plus simple comme ça. » Malgré les difficultés rencontrées, Euridice ne regrette rien. « Pour moi, ce n'était même pas envisageable d'être séparée de ma fille » , lâche-t-elle. Comme on la comprend. (1) Le coût de l'opération est estimé à 513 000 euros. Celle-ci sera financée par le Rectorat et le Conseil général. Classe unique
Dix-huit enfants sont inscrits cette année à l'école élémentaire de Saül. De maternelle et primaire, tous sont réunis dans la même classe. Un fonctionnement atypique qui semble fonctionner. Ludovic Horth, directeur et unique enseignant de l'école, a découpé la classe en trois sections et jongle entre les programmes. La progression de chacun est « normale » , assure-t-on.
La petite école a pourtant failli disparaître. En 2002, il ne restait que trois élèves dans le village et le rectorat menaçait l'école de fermeture. « Dès que j'ai su ça, je suis intervenu, se souvient le maire. Parce que c'était la mort de notre commune. »
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