Le SE-Unsa demande une école « à la hauteur des enjeux de la Guyane »
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Rentrée scolaire

Le SE-Unsa demande une école " à la hauteur des enjeux de la Guyane "

Oriane REALLE
Le syndicat des enseignants de l'UNSA souhaite dénoncer auprès de Paris la réalité du territoire et défendre l’idée que l’éducation en Guyane constitue une priorité sociale.
Le syndicat des enseignants de l'Unsa souhaite dénoncer auprès de Paris la réalité du territoire et défendre l’idée que l’éducation en Guyane constitue une priorité sociale.  • OR

À la veille de la rentrée des professeurs, le syndicat SE-Unsa ne veut plus se "satisfaire d'une École qui fonctionne grâce à la capacité des personnels à compenser les difficultés du système"

" Conditions de sécurtité pas respecté", "inégalité scolaire", "l'actualité sera brûlante". C'est autour de ces mots que le SE-Unsa Guyane a placé sa conférence de presse de rentrée, jeudi 27 août. À quelques jours du retour des élèves, le syndicat estime que les mêmes difficultés se répètent : affectations tardives, postes non pourvus, bâtiments encore inadaptés et manque d'anticipation face aux réalités du territoire.

" Tous les postes ne sont pas encore pourvus "

" Tous les postes ne sont pas encore pourvus ", affirme Emmanuel Octavie, secrétaire général du SE-Unsa Guyane. Le syndicat dit recevoir encore des appels d'enseignants qui ne savent pas où ils feront leur rentrée.

Il réclame des chiffres précis sur les postes vacants et les affectations. Une situation que le SE-Unsa oppose aux politiques menées dans l'Hexagone. Pour cela, le syndicat souhaite porter cette réalité auprès du ministère de l'Éducation nationale et demande "une politique de recrutement et de fidélisation spécifique à la Guyane".

En tête de liste, les personnels accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et les assistants d'éducation (AED) figurent parmi les préoccupations. Le SE-Unsa demande une amélioration des rémunérations et des conditions de travail des AESH, ainsi que leur reconnaissance comme fonctionnaires de catégorie B. Cela "doit désormais se traduire sur la fiche de paie ", insiste Emmanuel Octavie. Pour rappel, en juin, à la suite de mobilisations le rectorat s'est engagé sur le passage à des contrats de 24 heures pour les AESH du premier degré actuellement employés sur des contrats de 23h30.

Des bâtiments toujours peu adaptés

Autre inquiétude : l'état de certains établissements à l'approche de la rentrée. Emmanuel Octavie évoque des travaux encore inachevés et cite le cas de l'école Pascale-Jouinville à Saint-Georges, dont la rentrée ne devrait pas se dérouler normalement. " Je ne dirais pas qu'il n'y a rien qui a été fait, mais il y aura des surprises à la rentrée ", prévient-il. Les locaux du collège Léo Othily de Mana " sont infestés de chauves-souris avec des termites qui se sont installés dans les compteurs électriques"

Le syndicat demande une intervention renforcée de l'État auprès des collectivités, notamment en matière de financement et d'ingénierie.

La question de l'eau s'ajoute à celle des bâtiments. Face à la sécheresse et à un épisode El Niño annoncé, le syndicat demande d'anticiper les conséquences sur les écoles. 

" Ce qu'on peut mettre en place en France hexagonale lors des canicules, on demande aussi que ce soit mis en place en Guyane.  Le SE-Unsa évoque des établissement climatisés, une adaptation de l'organisation des cours, voire la fermeture temporaire d'une classe lorsque les températures ne permettent plus d'accueillir les enfants dans de bonnes conditions.

" On ne peut pas reprendre l'école au moment le plus chaud de l'année. " Il cite le Suriname, qui adapte son calendrier aux réalités climatiques de la région et souhaite rouvrir le débat. 

Le pouvoir d'achat en ligne de front

La question du pouvoir d'achat constitue enfin l'un des principaux motifs de mobilisation. Selon une enquête citée par le syndicat, près de 60 % des personnels placent le pouvoir d'achat en tête de leurs priorités. Les AESH seraient particulièrement concernés, avec 68 % d'entre eux citant cette préoccupation en moyenne sur les trois dernières années.

Le SE-Unsa annonce ainsi sa participation à la journée de grève nationale du 29 septembre, pour demander une revalorisation salariale dans l'ensemble de la fonction publique.

Pour cette rentrée, les syndicalistes résument leur revendications en six priorités : des moyens humains suffisants, de meilleures conditions de travail, un protocole fortes chaleurs, la formation d'un vivier d'enseignants en Guyane, une revalorisation salariale et la reconnaissance de l'éducation comme " priorité sociale et nationale ". 

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