La délégation du rectorat arrivée hier
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CAMOPI

La délégation du rectorat arrivée hier

K.S / M.C.
Les parents d'élèves de Camopi restent mobilisés : ils réclament l'embauche de six enseignants (MC)
Les parents d'élèves de Camopi restent mobilisés : ils réclament l'embauche de six enseignants (MC)

Repoussée faute d'avion, l'arrivée de la délégation a pu se faire en pirogue. Elle était attendue de pied ferme par des parents toujours mobilisés et prêts à bloquer toutes les administrations.

Les parents d'élèves de Camopi ne décolèrent pas. L'école était donc toujours bloquée, hier, avant l'arrivée en pirogue de la délégation du rectorat. Une délégation attendue de pied ferme. Les parents réclamaient la visite du recteur, ils devront se contenter de sa directrice de cabinet et de l'inspectrice de circonscription. Elles resteront jusqu'à vendredi à Camopi mais le reste de la délégation (assistante sociale, psychologue scolaire, médecin de prévention, conseiller pédagogique et formateur) devrait prolonger son séjour. « Nous avons demandé la visite du recteur, et c'est l'inspectrice qui vient. Nous l'accueillerons et l'écouterons mais si elle ne veut pas entendre nos doléances et trouver des solutions, nous continuerons de demander la venue du recteur. »
Les parents restent déterminés. Et se disent même prêts à « fermer prochainement toutes les administrations : la Poste, la mairie, le Parc amazonien, le collège et la gendarmerie. »
« ON A LES MÊMES DROITS QUE CEUX DU LITTORAL »
L'arrivée de la délégation pourrait apaiser les esprits. Pour un temps au moins. Car à Camopi, le sentiment d'abandon est fort. « On a les mêmes droits que ceux qui habitent sur le littoral ou en métropole. Nos enfants veulent juste aller à l'école » , s'insurgent les parents. « On se moque de nous. On veut faire des classes surchargées à 26 élèves à Camopi dans des locaux capables d'en accueillir maximum 19. Les règles de sécurité ne seraient pas respectées. Mais nos enfants ne sont pas des poules! Le rectorat n'en a rien à faire de nous » , estiment-ils.
Les langues se délient et se mélangent, entre français, teko, wayampi et créole. « L'émancipation commence par l'éducation ; on veut un bon enseignement pour nos ti moun » , proclament les parents. « On ne veut pas la révolution, on veut juste un prof dans chaque classe, c'est notre droit! » insistent-ils. Les problèmes de logement refont surface : « C'est vrai qu'il y a des problèmes pour loger les enseignants. » Un parent s'emporte : « Patrice Louis, un Amérindien de Camopi, titulaire d'un master 2 et du concours de professeur des écoles, contractuel ici, a été envoyé à Mana alors qu'il demandait un poste à Camopi ou Trois-Sauts. Il n'y avait pas de problème de logement pour lui, il habitait déjà ici. » Les arguments sont prêts, les rencontres risquent d'être tendues.

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