Lors de sa dernière visite en Guyane, Ségolène Royal a eu l'occasion de contempler la beauté de Kaw (photo d'archives)
Lors de son passage en Guadeloupe, la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a évoqué la création d'un deuxième parc national en Guyane. Il se situera sur les marais de Kaw, aujourd'hui réserve naturelle.
« Un bon projet » . David Riché fait partie de ceux qui avaient évoqué, il y a au moins deux ans, la transformation de la réserve naturelle de Kaw en un parc national. À l'époque, la gestion est confiée à l'Agep (Association pour la gestion des espaces protégés). Une gestion décriée. La question de la gouvernance est alors posée.
Dans cette même période, l'État met un terme à un appel à projets pour la création de nouveaux parcs nationaux. Le maire de Roura, et d'autres, sollicitent une dérogation pour pouvoir y inscrire les marais de Kaw. À part une réponse laconique un an plus tard, le dossier tombe dans les oubliettes. La gestion des marais est remise au Parc naturel régional via un conservatoire d'espaces naturels.
SÉGOLÈNE ROYAL CRÉE LA SURPRISE
Alors la surprise a été quasi-totale quand la ministre en charge de l'Écologie et du Développement durable, Ségolène Royal, de passage en Guadeloupe le week-end dernier, est revenue sur ce projet de parc national. « En Guyane, je sais que nombre d'associations, d'élus et d'acteurs de terrain soutiennent la création d'un parc national « zone humide » sur les marais de Kaw, avec un volet marin » .
Elle a promis de se rapprocher des élus et parlementaires « pour examiner une protection plus ambitieuse du marais de Kaw » . Un avis partagé par Michel Dubouillé. Le secrétaire régional de Guyane-Écologie estime que les marais « doivent être hyper protégés » , car il redoute la disparition de certaines espèces si « on fait n'importe quoi » .
LA POPULATION AU CENTRE DU PROJET
Mais au-delà de l'aspect protection, beaucoup voient dans le parc un outil de développement économique. Nyls de Pracontal, directeur du Gépog (Groupe d'étude et de protection des oiseaux en Guyane)rappelle que les actions prioritaires d'une réserve naturelle sont « la surveillance et la protection » . Or, Kaw, estime-t-il, a besoin d'un certain développement, notamment économique, qu'un parc national peut apporter.
Pour le maire de Roura, comme pour Michel Quammie, maire de Régina-Kaw, il est nécessaire d'avoir une implication de la population. Ce dernier suggère même « une étude et une concertation » afin que les habitants soient au centre de ce projet. « L'outil parc ce n'est pas ce qui va tout résoudre » , reconnaît Nyls de Pracontal qui voudrait que les habitants ne soient plus les « spectateurs » de la gestion des marais. Selon David Riché, « si les élus guyanais ne s'impliquent pas, ce n'est même pas la peine. Il faut qu'on prenne la main » . Car pour lui comme pour bien d'autres, la Guyane pourrait offrir à la France le plus grand parc national « zone humide » français. Les marais, à eux seuls, font quelque 101 000 hectares. Mais le périmètre du futur parc pourrait être bien plus étendu avec la possibilité de couvrir en mer une partie de la Zone économique exclusive (ZEE) afin de créer un sanctuaire pour les animaux marins.
30 TONNES D'OR...
Le périmètre sera certainement sujet à de longs débats comme cela a été le cas pour le Parc amazonien donc la création a nécessité près de quinze ans de travaux. Les marais de Kaw bénéficient déjà d'un statut de réserve et cela devrait grandement raccourcir les délais.
Le potentiel minier de la région sera, lui aussi, un autre sujet de débat qui pourra influer sur le périmètre. « Un parc ne peut pas être adossé à une exploitation minière » , tempête Michel Dubouillé qui voudrait faire une croix définitive sur le projet de Camp Caïman.
Un avis qui n'est pas partagé par, notamment, David Riché : « Est-ce qu'on peut laisser sous terre 30 tonnes d'or ? » Il n'est pas opposé à l'exploitation aurifère à condition d'obtenir « des garanties environnementales et financières » . Pour lui, « les deux projets peuvent cohabiter » .
La création d'un parc national à Kaw soulèvera également l'épineusequestion de l'exploitation aurifère (DSJ)
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Royal attendue avant la fin novembre
Va-t-elle annoncer la création du parc national lors de son passage en Guyane ? Il n'existe aucune certitude sur le contenu des discours que donnera la ministre de l'Écologie, ni même sur les dates exactes de sa venue en Guyane. Beaucoup croient savoir qu'elle pourrait venir avant la fin du mois de novembre. Déjà en septembre, une visite en Guyane figurait sur son agenda officiel avant d'être reportée. En réalité, la visite de la ministre de l'Environnement coïncidait avec la campagne pour les sénatoriales. Pour l'équité et la sérénité des débats, elle avait préféré ajourner son déplacement. Mais depuis son annonce le week-end dernier en Guadeloupe, nul doute que sa venue aura une autre saveur.
(photo d'archives)
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