Hermann Charlotte : « Les fondations sont posées »
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Hermann Charlotte : « Les fondations sont posées »

Propos recueillis par A. S.-M.
Durant six ans, Hermann Charlotte a parcouru le territoire du parc national, comme ici à Talwen en 2010. Aujourd'hui, il souhaite s'occuper un peu plus de sa famille (photo d'archives)
Durant six ans, Hermann Charlotte a parcouru le territoire du parc national, comme ici à Talwen en 2010. Aujourd'hui, il souhaite s'occuper un peu plus de sa famille (photo d'archives)

Le premier président du Parc amazonien de Guyane vient de quitter ses fonctions. Il revient sur ses six ans à la tête du Parc.

Vous n'avez pas souhaité être candidat à votre propre succession malgré l'insistance du conseil d'administration, pourquoi ?
Je crois que le moment est arrivé où il faut que je m'occupe de moi et de ma famille. Cela fait des années que je m'occupe des autres, ce qui est normal, ce qui est noble, mais je pense qu'il arrive un moment où il faut savoir s'arrêter et s'occuper de sa personne.
Vous avez été le premier président du Parc amazonien de Guyane, quel bilan tirez-vous de ces six ans de mandature ?
Au départ, il y avait tout un travail à faire, surtout au niveau de l'intérieur. Moi-même, je ne savais pas ce qu'était un parc. C'est à force de travail en équipe et avec les différentes populations que nous sommes arrivés à nous comprendre et à savoir pourquoi cet outil était mis en place. Maintenant, je pense qu'une bonne partie des habitants croit en l'outil parc et prend conscience de son utilité. Le travail est fait, les fondations sont posées, maintenant il reste les murs. Je pense qu'avec le temps les murs seront là et après il y aura la toiture.
Dès 2007, le plan d'accompagnement du Parc amazonien, le Papa, était lancé. Il n'est même pas consommé à moitié aujourd'hui alors qu'il se termine cette année. On y trouvait notamment la piste censée relier le littoral à Saül, qui n'existe toujours pas. C'est un regret ?
C'est vrai qu'une partie des financements n'est pas encore consommée. Nous avons eu un point d'ordre récemment avec le préfet qui a fléché ce qu'on avait demandé. La piste de Bélizon, elle, va prendre un peu de temps, mais je pense qu'elle se fera. Nous sommes sur la bonne voie, mais il faut une volonté politique derrière sinon ça ne marchera pas, que les maires concernés, mais aussi la population de Guyane, s'affirment dans le plan d'accompagnement du Parc.
Vous avez été élu en 2007, nous sommes en 2013 et les garimpeiros sont toujours là...
C'est vrai. Je pense que toutes les forces de police qui sont ici y travaillent, le Parc y travaille mais il manque une chose principale, c'est la discussion entre la France et le Brésil. Je sais qu'au niveau économique, on ne veut pas se fâcher mais cela a trop duré. Je ne pense pas qu'on éradiquera l'orpaillage clandestin à 100%. Il ne faut pas oublier que du côté français, on a un pays assez aisé et qu'en face, on a des gens qui ont faim et qui ont soif, donc automatiquement il y aura toujours des gens pour faire la traversée.
Vous quittez la présidence du Parc et la mairie de Saül au moment où les communes vont se prononcer sur la charte du Parc, ne craignez-vous pas que cela nuise à son adoption ?
Non, je pense que si le travail continue à bien se faire, les gens verront que l'outil parc est un outil bénéfique pour eux. Je dis tous les jours à mes collègues maires que je prends le maximum du Parc parce que cela m'apporte de la technicité et des financements tout en conservant tout mon pouvoir de maire. Tout le bénéfice est pour la commune.
Pour finir, quel est votre meilleur souvenir en tant que président du Parc ?
En fait, je ne voulais pas être président du Parc mais je l'ai été. Cela a été un enrichissement pour moi. Mais c'est vrai que c'est difficile de faire cohabiter toutes les populations avec le même objectif, c'est une espèce de challenge. Je crois que nous l'avons relevé ensemble, pas moi seul.

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