Hier matin, les gendarmes sont venus constater les tags inscrits sur les murs du collège Agarande de Kourou. (PhCh)
Hier matin, soixante-treize tags couvraient les murs du collège Agarande. Ils visaient la principale Annie Roger, colistière de Jean-Étienne Antoinette aux dernières élections municipales et conseillère d'opposition.
Annie Roger, le 5 avril. (PYC)
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« Rogé, Dégage, T'a perdu. » Voilà le message qu'a découvert Annie Roger, la principale du collège Henri-Agarande de Kourou, sur les murs de son établissement, hier matin. Fautes d'orthographe comprises! Un message - et ses variantes - écrit soixante-treize fois dans tout le collège.
Décryptage pour ceux qui n'ont pas suivi les derniers événements politiques : la principale du collège était colistière de Jean-Etienne Antoinette, lors des élections municipales. L'ancien maire a perdu ; Annie Roger siège désormais dans l'opposition et l'auteur de ses tags voudrait sans doute la voir démissionner de toutes ses fonctions. « C'est un règlement de comptes politique » , déplore la principale qui a compté soixante-treize inscriptions dans tout l'établissement.
Elle n'a aucune idée de qui en est l'auteur : « Ce peut être un élève qui a été sanctionné, un ancien élève, un parent d'élève qui soutenait l'autre liste. » Sa seule certitude est d'avoir vu « un jeune homme de 17 ou 18 ans partir en courant » quand elle est arrivée hier matin.
Ces attaques choquent d'autant plus Annie Roger qu'elle n'en a pas subies pendant la campagne électorale. En revanche, un premier tag, déjà contre elle, avait été découvert il y a deux week-ends. La principale n'avait pas réagi autrement qu'en le faisant effacer. Cette fois-ci, elle veut marquer le coup : « Je ne veux pas que nos enfants pensent que la politique, c'est ça. » Et de critiquer aussi le fond du message : « C'est important de respecter le choix du vote. Quand on a perdu, on peut aussi siéger dans l'opposition et être constructif. » Le conseil général, propriétaire des bâtiments, a déposé plainte. Annie Roger a rencontré François Ringuet pour discuter de l'incident. Tous deux devaient rédiger une déclaration commune, en fin de journée. En attendant, il estime qu'il ne faut pas « en faire une affaire politique. [...] J'imagine mal un de mes sympathisants vouloir continuer une campagne que j'ai eu la chance de remporter. À quoi bon ? J'imagine davantage quelqu'un utiliser cet événement pour essayer de régler des comptes personnels avec Annie Roger qui, au demeurant, est très sympathique, nouvelle en politique et que je soutiens totalement dans cette épreuve. Cette façon de faire est des plus lâches et je ne la cautionne évidemment pas. »
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