Les salariés de la clinique Véronique ont débrayé hier matin (HG)
Hier, les salariés de la clinique de Baduel, à Cayenne, se sont mis à l'arrêt entre 7 heures et 10 heures. De vieilles revendications refont surface mais aussi des exigences bien précises, comme l'augmentation de tous les salaires.
Un air de déjà-vu. Les salariés de la clinique Véronique, à Cayenne, tous réunis dans le hall d'entrée. Hier matin, ils étaient une trentaine à débrayer, pendant près de trois heures. Un sujet revient sur la table : « On a un trop grand nombre de démissions. En avril-mai, il y en a eu vingt, ce mois-ci on en a huit. Ce sont aussi des médecins qui partent » , s'alarme Roberto Théolade, secrétaire général de la section UTG. Selon lui, la principale raison repose sur les salaires. « Une infirmière qui touche 1 200 à 1300 euros, c'est normal qu'elle ne reste pas, quand on sait qu'elle peut gagner jusqu'à 2 000 euros à l'hôpital. » Le syndicat exige une augmentation de tous les salariés. De 5% pour les salaires de moins de 2 000 euros ; de 3% pour les plus de 2000 et 1% pour plus de 4 000.
Cette revendication, le syndicat l'aurait fondée sur l'expertise d'un comptable, après consultation de documents du centre de santé. « C'est dans les cordes de la clinique » , assure Roberto Théolade. Qui dénonce, qui plus est, des incohérences constatées par l'expert comptable. « Et des frais de déplacement de 40 000 euros » alloués à un cadre.
RENCONTRE JEUDI
Pour le directeur de l'établissement de santé, Jean-Michel Pila, « il y a un turnover significatif mais c'est un fait commun au paramédical en Guyane. L'hôpital lui aussi en subit, pourtant les salaires y sont 30% plus élevés. » Quant aux écrits comptables, Jean-Michel Pila répond : « Je n'ai pas avoir de débat de cette nature-là. Si le syndicat a des questions, qu'il les formule par écrit. » Autre point d'accroche, très ancien : le matériel. « On n'est pas la poubelle du groupe Kapa, s'emporte Roberto Théolade. On reçoit du matériel des Antilles qui, la plupart du temps, est en fin de vie. » Scandalisé, Jean-Michel Pila parle de propos « inacceptables. Tout le matériel est évidemment soumis et suivi par des organismes agréés » .
Rendez-vous jeudi après-midi. À l'issue de la dernière NAO (Négociations annuelles obligatoires), si les salariés n'obtiennent pas gain de cause, une grève illimitée sera envisagée.
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