1- 16 MINUTES SUR LE LITTORAL
L'étude, qui se base sur des donnés de 2010, révèle que le temps moyen d'accès à un établissement de santé est de 16 minutes lorsqu'on habite une commune du littoral. C'est évidemment à Cayenne et Kourou que ces temps d'accès sont les plus réduits avec moins de 10 minutes en moyenne entre le domicile et l'établissement de santé le plus proche, le Char à Cayenne et le CMCK à Kourou. Les habitants de Matoury et Rémire-Montjoly mettent également moins de 16 minutes pour accéder à l'hôpital. Ailleurs sur le littoral, il faut compter entre 20 minutes à Macouria et plus de 80 minutes lorsqu'on habite Awala-Yalimapo ou à Iracoubo. A Saint-Laurent, malgré la présence du Chog, il faut en moyenne 30 minutes environ. Selon cette étude, « quatre habitants sur cinq sont dans une aire proche d'un centre hospitalier » . 2- PLUS DE TROIS HEURES DANS L'INTÉRIEUR
Globalement, l'étude estime que plus de 5 000 Guyanais demeurent à plus de 30 minutes d'un service d'urgence. Mais c'est bien sûr dans l'intérieur que ce temps d'accès est le plus long. Là, si la présence de centres de santé permet aux patients d'avoir accès à un minimum de services de santé, il leur faut en moyenne plus de trois heures pour accéder aux urgences. L'hélicoptère est généralement utilisé mais le temps d'accès comprend, outre le trajet par les airs, les délais de mobilisation des équipes, l'affrètement de l'hélicoptère et la préparation du patient sur place. 3- JUSQU'À 400 KM POUR ACCOUCHER
L'étude se penche aussi plus particulièrement sur la pédiatrie et la maternité qui représentent, à elles deux, plus de la moitié des hospitalisations dans le département. Là encore, l'intérieur est lésé par les temps d'accès aux services concernés. Les centres de santé et les PMI conseillent donc aux futures mères de l'intérieur de se rendre assez tôt à Saint-Laurent ou à Cayenne afin d'être sur place lorsque l'accouchement arrive. Ainsi, au Char, les femmes issues des communes de l'intérieur sont hospitalisées en moyenne dix-sept jours avant l'accouchement. La situation la plus extrême est celle des mères de Trois-Sauts qui doivent effectuer plus de 400 km par le fleuve puis par la route pour accéder au Char. 4- DEUX MESURES PRINCIPALES POUR L'INTÉRIEUR
Afin de « renforcer le maillage de proximité » dans les communes de l'intérieur, des déplacements réguliers de spécialistes ont été décidés dans les dix-huit centres de santé. La mesure a été concrétisée fin 2013 et devrait permettre aux patients des communes éloignées d'avoir accès à certaines spécialités sans avoir à se rendre sur le littoral. En ce qui concerne les urgences, un projet de formation de correspondants du Samu est bien avancé. Ces correspondants peuvent être, par exemple, un médecin des pompiers. Ce programme doit permettre de prodiguer des premiers soins aux patients durant les trois heures nécessaires à leur transfert vers le Char. Un accueil des accompagnants en projet à Cayenne
Récemment a été lancé le projet d'une maison hospitalière à Cayenne. Il s'agirait de proposer un hébergement non médicalisé afin de permettre à une personne issue d'une commune de l'intérieur et qui accompagne un patient hospitalisé d'être logé à proximité de l'hôpital. Il pourrait, par exemple, s'agir de l'accompagnant d'une femme enceinte venue accoucher à Cayenne ou d'une personne nécessitant des soins qui s'inscrivent dans la durée. Des discussions sont en cours entre la Croix-Rouge et différents partenaires comme la Caf et la CGSS afin de financer ce projet. Selon le directeur de l'ARS, Christian Meurin, « il n'y a pas encore d'échéancier mais le projet suit son cours » .
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