Davantage de pilules distribuées en milieu scolaire
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Davantage de pilules distribuées en milieu scolaire

R. F.
En Guyane, où la sexualité est de plus en plus précoce, pour de nombreux jeunes, parler contraception est encore tabou (RF)
En Guyane, où la sexualité est de plus en plus précoce, pour de nombreux jeunes, parler contraception est encore tabou (RF)

Chaque 26 septembre est fêtée la Journée mondiale de la contraception. Une journée qui a pour principal but, selon le ministère de la Santé, « d'informer les plus jeunes » . Pour autant, aucune manifestation n'est prévue sur le département aujourd'hui. Chez certains jeunes, le sujet est encore peu maîtrisé...

« On a eu des cours au collège mais je ne me souviens plus très bien de tout. » Comme Linda (1), 15 ans, tout juste rentrée en 2nde, ses deux camarades ont de vagues souvenirs de ce qui leur a été appris. Et si l'utilisation du préservatif est de plus en plus un réflexe, les jeunes filles font encore difficilement la différence entre la contraception qui protège d'une grossesse et celle qui protège de maladies. Aussi, près d'un an et demi après la gratuité de la contraception pour les 15-18 ans, chez la dizaine de sondées, hier matin aux portes de lycées et collèges de l'île de Cayenne, une seule est au courant de cette nouvelle loi « parce que je l'ai vue à la télé une fois » .
Si les collectivités et organismes de santé n'ont prévu aucune manifestation aujourd'hui, toute l'année une quinzaine d'actions sont menées dans les établissements scolaires (2). « Depuis 2003, la loi ne suggère plus, elle oblige à faire de l'information sexuelle : ça a permis une grosse évolution » , considère Maurice Joseph, infirmier au collège Eugène-Nonnon (Cayenne).
250 IVG PAR AN EN MOYENNE
« La contraception est abordée à partir de la 6e, explique Geneviève Euzet, infirmière et conseillère technique auprès du recteur. D'autre part, une dizaine de formateurs interviennent auprès des enseignants, CPE, surveillants... » Les infirmiers scolaires peuvent, depuis 2002, renouveler les contraceptions. Ils ont également à disposition préservatifs et pilules du lendemain (152 ont été distribuées l'an dernier contre 89 en 2010) gratuits, à la demande de l'élève et après consultation. « On doit avoir autour 250 IVG par an en moyenne chez les scolaires (collège et lycée). Ce sont des chiffres plutôt stables, voire en baisse. »
L'an passé, 36 élèves au moins auraient arrêté leur scolarité après une grossesse, dont 19 mineurs. Des cours par correspondance sont alors proposés.
Les deux infirmiers soulignent ce qui, pour eux, est une vraie problématique : les distances et le manque de transport. « Pas besoin d'aller bien loin, prenez Matoury. Une jeune fille qui habite Loka ou Concorde n'a pas accès à la PMI! »
Par ailleurs, informe Geneviève Euzet : « On a commencé un travail pour mettre en place un pass contraception comme en Poitou-Charentes. Un chéquier donnant droit à une consultation, un examen et délivrance gratuite, etc. Matoury serait la ville pilote. »
(1) Le prénom a été modifié.
(2) Se rapprocher aussi de la Maison des adolescent (05 94 25 00 51).

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