Chikungunya : « Risque d'un nouveau rebond avec la pluie »
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SANTÉ

Chikungunya : « Risque d'un nouveau rebond avec la pluie »

Propos recueillis par FXG

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé fait le point sur l'épidémie de chikungunya aux Antilles et en Guyane.

Avez-vous redouté, un moment, que ne se répète ce qui s'est passé en 2006 à la Réunion ?
Je cherche à gérer les situations sanitaires qui se présentent de façons réactives et en direct avec une double volonté, celle d'apporter des réponses à la hauteur des enjeux, mais de ne pas inquiéter. Il s'agit d'alerter, en toute transparence, mais sans alarmer. C'est la ligne qui est la mienne, aujourd'hui comme hier. Concrètement, je veux alerter l'ensemble de la population et lui dire : attention, il y a une épidémie de chikungunya qui risque de s'amplifier avec l'arrivée de la saison des pluies. Et puis, en même temps, je lui dis : ne nous affolons pas parce qu'il y a des mesures de protection efficaces à prendre pour éviter la propagation du virus.
Faut-il déconseiller aux touristes de se rendre dans la zone ?
Non! Il n'y a aucune consigne de restriction de voyage. Ce sont des territoires magnifiques et si on veut passer ses vacances aux Antilles, il n'y a aucune raison de s'en priver... Mais il faut se protéger avec une moustiquaire, des produits répulsifs et des vêtements couvrants le soir. Il y a des gestes à respecter tout au long de son séjour.
A-t-on surestimé ou sous-estimé cette épidémie ?
Cette épidémie est bien cernée, bien identifiée. On suit attentivement pour voir comment elle se développe. La mobilisation de tous est nécessaire : au-delà des pouvoirs publics, chacun doit faire les gestes qu'il faut pour limiter la propagation de l'épidémie parce qu'il y a des mesures de protection efficaces. Il ne faut, encore une fois, ni sous-estimer le phénomène ni surestimer les risques.
Le chikungunya peut-il être mortel ?
Cette maladie n'est que très rarement mortelle, même si on a observé des cas, notamment chez les personnes qui sont particulièrement fragiles comme les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes âgées. On a aussi observé quelques cas très sévères. C'est pourquoi on ne peut prendre à la légère cette épidémie.
Pourquoi avoir voulu vous adresser directement aux Antillo-Guyanais ?
L'épidémie a déjà touché des milliers de personnes et nous allons arriver à la saison des pluies. Il y a aussi du tourisme pendant la période des grandes vacances et il est important de remobiliser les gens et de rappeler que, même si l'épidémie dure depuis plusieurs semaines, elle n'est pas derrière nous. Elle risque de connaître un nouveau rebond avec l'arrivée des pluies. Il est plus que jamais nécessaire d'anticiper, de prévenir et de maintenir les bons réflexes. Ce n'est pas le moment de relâcher la garde.
FXG, à Paris
En Guyane, 81 cas identifiés
Selon le dernier bulletin de veille sanitaire daté du 7 mai, 81 cas probables ou confirmés de chi- kungunya ont été recensés en Guyane depuis la mi-décembre, dont 57 cas autochtones.
À Cayenne, deux foyers épidémiques actifs sont identifiés. La ville concentre 44% des cas. Les foyers de Kourou et Matoury sont quant à eux considérés comme éteints. La situation épidémiologique correspond à la phase 2 du Psage (Programme de surveillance, d'alerte et de gestion des épidémies) : « Transmission autochtone modérée » .

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