Hier matin, à l'ARS (Agence régionale de santé), s'est tenu un comité restreint sur la situation du chikungunya dans le département. La première conclusion est que la transmission du virus s'accélère depuis début juillet, même si elle reste très localisée sur l'île de Cayenne et Kourou. Depuis le début du mois, le nombre de cas probables ou confirmés augmente de plus de 40% chaque semaine : 156 nouveaux cas ont été détectés rien que sur la première semaine de juillet. Au total, 881 cas étaient recensés entre l'arrivée du virus chez nous, mi-décembre, et le dimanche 13 juillet. Le millier de cas devrait donc être officiellement atteint cette semaine puisqu'hier, on comptait déjà 136 cas supplémentaires pour cette semaine. Sur les quatre dernières semaines, les communes de Macouria et Cayenne sont les plus touchées avec, respectivement, 4,8 et 4,7 cas pour 1 000 habitants. Des foyers actifs sont également recensés à Matoury, Rémire-Montjoly et Kourou. Mais si la transmission reste très localisée sur ces communes, les foyers épidémiques tendent à s'y multiplier. Une réunion doit avoir lieu en début de semaine prochaine en préfecture, avec les maires concernés, afin de présenter une cartographie des quartiers les plus touchés. Elle devrait permettre d'améliorer la lutte contre la transmission du virus en ciblant les actions de prévention. De son côté, le conseil général poursuit ses interventions de démoustication. DES MÉDECINS INQUIETS
« Les médecins ont le sentiment que les gens ont plus peur de la dengue que du chikungunya » , confiait un membre de l'ARS à l'issue de la réunion d'hier matin. « Pourtant, le chikungunya peut entraîner des douleurs chroniques. Mais la population n'en a pas forcément conscience. » En effet, même si cela n'est pas systématique, la maladie peut provoquer des douleurs articulaires persistantes. Dans sa forme la plus sévère, le chikungunya peut aussi entraîner la mort. En fin de semaine dernière, on déplorait ainsi 23 décès aux Antilles depuis le début de l'épidémie. Sans traitement préventif existant, la seule solution pour se protéger efficacement du virus reste d'éviter de se faire piquer par le moustique vecteur, l'Aedes aegypti, qui sévit principalement la journée. Les autorités sanitaires insistent donc sur l'importance des moyens individuels de prévention, tels que moustiquaires et répulsifs. Une prévention d'autant plus importante pour les personnes infectées qu'elle permet d'éviter de faire circuler le virus parmi l'entourage proche. La suppression des gîtes larvaires (récipients d'eau stagnante) est désormais obligatoire par arrêté préfectoral. Le traitement pris en charge à 100%
En visite aux Antilles, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé mercredi à Pointe-à-Pitre la prise en charge à 100% du traitement contre le chikungunya par l'assurance-maladie.
Elle a également annoncé la suppression des trois jours de carence pour les arrêts maladie liés au virus. En Guadeloupe, où on dénombrait en fin de semaine dernière 63 000 cas évocateurs depuis le début de l'épidémie, le nombre d'arrêts maladie a augmenté de 40%. Près de 50 000 cas ont été recensés à ce jour en Martinique où la ministre de la Santé était attendue hier dans la soirée.
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