Chikungunya : cinquante épaves enlevées à Kourou
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Chikungunya : cinquante épaves enlevées à Kourou

Philippe CHAUVIN / Pierre-Yves CARLIER
Hier matin, de nombreuses épaves de voitures ont été enlevées, dans le Bourg de Kourou (PhCh)
Hier matin, de nombreuses épaves de voitures ont été enlevées, dans le Bourg de Kourou (PhCh)

Depuis plusieurs années, des carcasses de voitures s'agglutinaient chez un particulier. Elles fournissaient des nids parfaits aux moustiques.

Depuis plusieurs années, les carcasses de voitures s'agglutinaient au 52 rue Duchesnes, dans le Bourg de Kourou. Il s'agit de la parcelle d'un ancien garagiste. Ces épaves constituaient des nids potentiels pour les moustiques, en ces temps où dengue et, surtout, chikungunya menacent.
Hier matin, sous le contrôle du service de démoustication du conseil général et de la police municipale, la société CSR, spécialiste du recyclage des véhicules, a déplacé une cinquantaine de carcasses.
« Nous sommes enfin débarrassés de ce problème après plusieurs mises en demeure » , se réjouit Michel Ajavon, chef de la police municipale. Interrogée à l'écart, Ramoop Veerah Rallipensad, qui habite sur le terrain, semble plus dans la difficulté matérielle que dans la volonté de se soustraire à ses obligations civiles. : « Si nous n'avons pas fait évacuer ces carcasses, c'est uniquement parce que nous n'avions pas les moyens de le faire. Moi aussi, je suis contente de ne plus vivre au milieu d'épaves. J'ai bien compris que cela pouvait favoriser la prolifération des moustiques. » Les riverains doivent abondamment partager son point de vue.
Au-delà, la lutte contre le chikungunya s'organise. Kastolie, Vola et Françoise, trois médiateurs de la mairie passent dans les quartiers de Kourou. « Nous vérifions chez les personnes qui le souhaitent qu'elles n'ont pas de nids larvaires. Certains sont heureux de nous voir arriver mais nous rencontrons aussi des personnes pour qui tout va toujours bien. C'est souvent chez ces personnes que l'on finit par trouver des zones à risque. » Chacun doit donc être vigilant pour lutter contre le chikungunya.
Campagne (antivectorielle) électorale
On ne peut pas imaginer qu'il s'agisse d'autre chose que d'un hasard. Mais lundi soir, soir de l'opération d'enlèvement des épaves, le maire de Kourou s'est fait allumer par un de ses opposants sur ce sujet. En prélude à la présentation de sa candidature, Conrad Desflots a diffusé des images des déchets qui traînent dans la ville et des images... d'épaves de voitures. Ses colistiers José Gaillou et Thierry Carage ont enfoncé le clou : « L'an dernier, Kourou a été le plus touché par l'épidémie de dengue. Nous sommes pratiquement à la veille d'une épidémie de chikungunya, ces images montrent pourquoi [...] La politique actuelle mène à une catastrophe sanitaire. » Mais l'opération d'hier matin n'avait évidemment rien à voir avec les attaques de la veille.

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