Quatre Guyanais sur dix ont déjà travaillé de manière clandestine
Il est montré que la forte circulation d'espèces joue un rôle en faveur du travail informel
40,8 % des travailleurs Guyanais interrogés déclarent avoir exercé au moins une activité non déclarée au cours des deux dernières années, selon une enquête réalisée en 2025 par l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM), L'étude porte sur 1 076 ménages répartis dans 18 communes du territoire.
Les services à la personne arrivent en tête avec 28,2 % des emplois informels. Viennent ensuite le commerce (20 %), l'agriculture, la sylviculture et la pêche (15,3 %), puis le tourisme (12,8 %) et le bâtiment (12,4 %). L'industrie et l'artisanat restent très peu concernés.
L'enquête indique que 60,7 % des travailleurs informels travaillent pour leur propre compte et près de 20 % interviennent pour une entreprise ou un particulier non déclaré.
Les femmes sont davantage concernées
Certaines personnes apparaissent plus exposées. Les femmes sont davantage concernées : 46,2 % d'entre elles déclarent avoir occupé un emploi informel, soit 10,3 points de plus que les hommes. Les personnes étrangères y ont aussi plus recours : près d'un étranger sur deux a déjà exercé un travail non déclaré, contre un peu plus d'un Français sur trois.
Parmi les travailleurs informels, 82,4 % disent avoir eu recours à ces activités pour augmenter leurs revenus. Pour près des deux tiers, elles représentent au moins la moitié de leurs ressources.
Avant d'entrer dans l'informel, 78,7 % des personnes interrogées étaient sans emploi.
Isolement géographique et circulation d'espèces
La géographie du territoire joue aussi. La part de travailleurs informels atteint 76,8 % dans l'Ouest, contre 27,5 % dans les Savanes et 24,2 % dans les communes du centre-littoral.
Le niveau de qualification reste déterminant : 70,5 % des personnes sans diplôme disent avoir exercé une activité informelle, contre 18 % chez les personnes diplômées. Des obstacles administratifs sont aussi cités, dont l'absence de titre de séjour ou des permis de travail invalides.
Il est montré que la forte circulation d'espèces joue un rôle en faveur du travail informel. Les émissions nettes de billets ont atteint près de 19 951 euros par habitant en 2024, soit environ quatre fois plus qu'aux Antilles.

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