Orpaillage illégal : les gendarmes verrouillent les accès autour de Kourou
Vous les avez peut-être vus sur la route : près de 200 militaires sont déployés en permanence depuis plusieurs jours pour couper les flux de l'orpaillage illégal
Une opération de gendarmerie d'une ampleur rare est en cours depuis plusieurs jours autour de Kourou. Installés sous des tonnelles, les forces de l'ordre contrôlent les véhicules à Matiti, à l'entrée de la route du dégrad Saramaca, sur le fleuve Kourou, ou encore au début et à la fin de la route de Petit-Saut.
Cette mission s'inscrit dans la continuité d'un premier coup de filet dans le même secteur conduit par les gendarmes le 23 septembre. Sept personnes impliquées dans la logistique de l'orpaillage illégal avaient été interpellées dans le quartier PK 6. Le lendemain, quatre garimpeiros ont été arrêtés sur le lac de Petit-Saut dans le cadre de ce déploiement militaire.
"Rendre l'orpaillage illégal plus difficile et plus coûteux"
"Le premier objectif était d'assécher les stocks des sites ciblés, c'est ce que nous avons fait les deux premiers jours", explique le colonel Fabien Jaffard, commandant de l'opération Makan Kaa'a. Depuis samedi et pendant plusieurs jours encore, l'opération est passée dans une seconde phase : "Nous faisons en sorte d'interdire tout réapprovisionnement des sites d'orpaillage avec un contrôle constant des flux." Cette mission mobilise près de 200 militaires à chaque instant dont une trentaine de membres des Forces armées en Guyane. Les automobilistes qui passent par là se font contrôler au passage.
"En asphyxiant les flux, on veut rendre l'orpaillage illégal plus difficile et plus coûteux", indique le général Loïc Baras, commandant de la gendarmerie de Guyane.
Premières condamnations
La mission Makan Ka'a est menée depuis un poste de commandement à la caserne de la Madeleine. C'est depuis cette salle que quelques militaires coordonnent les déploiements avec des cartes précises de la zone.
Les premières condamnations liées à cette opération sont déjà tombées à la suite de passages en comparution immédiate, au Larivot. Une logisticienne a été condamnée à 18 mois ferme. Les garimpeiros arrêtés sur Petit-Saut ont été condamnés à douze et dix mois ferme. Une autre interpellation concerne un homme qui faisait l'objet d'un mandat de recherche pour un meurtre commis en 2015, à Roura, et pour lequel il avait été condamné par contumace à 20 ans de prison. Il exécute sa peine depuis. Les autres restent en détention provisoire pour l'heure.

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