Onze des douze futurs pilotes d'hélicoptère, jeudi, à la Région (SB)
Douze jeunes Guyanais suivent une formation pour devenir pilote d'avion ou pilote d'hélicoptère. Jeudi, une cérémonie en leur honneur était organisée à la Région.
À la fin de l'année, voire au début de l'année prochaine, vous pourrez peut-être embarquer avec eux. Douze jeunes hommes de 18 à 28 ans suivent depuis un an une formation pour devenir pilote d'avion ou pilote d'hélicoptère. Tous viennent d'obtenir leur licence de pilote privé et peuvent d'ores et déjà voler de leurs propres ailes. Il leur reste encore plusieurs étapes à franchir avant de pouvoir devenir pilote professionnel et embarquer avec eux des passagers ou des marchandises.
Ces douze graines de pilote ont bénéficié d'une formation subventionnée par les fonds européens (1,8 million d'euros) et par le conseil régional (600 000 euros), pour un total de 2,4 millions d'euros. Jeudi en fin d'après-midi, la collectivité organisait une petite cérémonie pour leur rendre honneur. La fierté se lisait sur les visages, en premier lieu sur celui du premier vice-président de la Région, Jocelyn Ho-Tin-Noé... Un bonheur qui s'est largement terni ensuite, quand un sujet polémique a été évoqué (lire ci-dessous).
Mais durant la cérémonie, l'heure était à la décontraction et même aux petites blagues (« Vous vivez encore chez vos parents ? » à l'adresse de Jonathan Tanguy Bertrand). Jocelyn Ho-Tin-Noé n'était pas avare en compliments : « Je suis fier de vous. C'est une formation d'excellence, peut-être la première à ce point en Guyane. Cela prouve que l'on peut faire un certain nombre de choses sur notre territoire [...]. Cette formation a été mise en place au plus près du profil des jeunes et de nos besoins de désenclavement du territoire. »
Aux côtés de Jocelyn Ho-TinNoé, l'élu délégué à la formation professionnelle, Michel Monlouis-Deva a aussi salué cette « formation prestigieuse » : « Soyons encouragés par la réussite de ces jeunes pilotes » , conclut-il.
UNE FORMATION (PRESQUE) 100% GUYANAISE
Cette formation est assurée par l'entreprise Guyane Maintenance et Services Aéronautiques (GMSA), dirigée par Adolphe Othily. L'intégralité de la formation pilote d'avion, et toute la partie théorique de la formation pilote d'hélicoptère, s'est déroulée en Guyane. L'enseignement pratique d'hélicoptère s'est quant à lui tenu en France hexagonale, dans la région de Lyon. Depuis, GMSA a obtenu son agrément pour pouvoir poursuivre la formation pratique dans le département, selon Michel Monlouis Deva.
Ces douze stagiaires ont l'objectif de devenir pilotes professionnels d'ici la fin de l'année. Ils comptent travailler dans différents domaines en Guyane : « On transporte énormément de choses. Il faut savoir que l'hélicoptère est le seul moyen de transport capable d'acheminer des marchandises sur un site très isolé » , précise Adolphe Othily. « Pour l'avion, le champ est plus large. Il y a Air Guyane, mais il y a aussi toute une frange de la population qui a besoin d'affréter un « avion-taxi » , avec pilote, pour se rendre dans les différentes villes de la région. »
Qui sont-ils ?
Nos douze futurs pilotes sont Lucas Antoine Edouard, Jonathan Tanguy Bertrand, Antoine Maximilien Moderne, Anders Ho A Foung, Pascal Lockhart, Jordan Houessou, Christophe Prudent, Laurent Bernard, Romain Jantot, Jessie Edwige et Thomas Prospert. Un dernier élève de cette promo était absent jeudi à la Région.
La question qui fâche... Ho-Tin-Noé
En fin de cérémonie, nous avons demandé à Jocelyn Ho-Tin-Noé de réagira la lettre ouverte de Michel Beaujard que nous avions publiée dans notre courrier des lecteurs le 1er février dernier. Dans cette lettre, le président de Pilot'air aviation interpellait notamment le président de Région sur le fait qu'une partie de la formation de pilote d'hélicoptère se faisait en France hexagonale, alors que lui disait pouvoir l'assurer dans le département.
Jocelyn Ho-Tin-Noé s'est subitement mis en colère - apparemment, la question ne lui convenait pas! - agressant verbalement, pendant de longues minutes, la journaliste qui avait osé la lui poser. Jocelyn Ho-Tin-Noé est finalement sorti de la salle, furieux, accompagné par quelques collègues qui avaient tenté de le calmer. Et concernant la question, Jocelyn Ho-Tin-Noé a finalement répondu - entre deux propos agressifs - : « Je ne rentre pas dans un conflit entre deux entreprises privées [...]. Nous avons analysé un projet, que nous avons considéré comme valable » .
S. B.
ILS ONT DIT
Christophe Prudent 18 ans, stagiaire formation avion : Aux commandes d'un transatlantique
Au départ, ce n'est pas forcément le métier que je voulais faire. J'adorais voir les avions décoller et atterrir, alors je voulais travaillera [aéroport. Mais quand je suis monté la première fois dans la cabine de pilotage d'un avion, ça m'a tout de suite plu! Une fois que je serai pilote professionnel, J'aimerais voler en Guyane, gagner en expérience. À long terme, j'aimerais être aux commandes d'un transatlantique. Et... oui, j'ai obtenu ma licence de pilote privé avant mon permis de conduire!
Lucas Antoine Edouard 22 ans, stagiaire formation hélicoptère : Le plaisir de voler
Avant cette formation, je faisais des études d'anglais. Depuis tout petit, je voulais être pilote d'hélicoptère J'aime les sensations, le plaisir de voler, le contact avec les gens. lai passe le concours après avoir vu l'annonce sur internet. Il était très sélectif, avec beaucoup de filtres. J'ai été retenu. Avant la fin de l'année, j'espère devenir pilote professionnel. J'aimerais travailler ici, rester en Guyane.
Maximilien Moderne 22 ans, stagiaire formation avion : À cause du coût je ne pensais pas pouvoir le faire
Être pilote d'avion, c'est vraiment un rêve depuis tout petit. J'habitais à Saint-Laurent, en face de la piste de l'aérodrome, c'est peut-être pour ça! A cause du coût financier de la formation, je ne pensais pas pouvoir la faire un jour. Grâce au dispositif mis en place, ça a été possible. Quand le concours s'est ouvert, j'étais en prépa kiné. J'y ai vu l'occasion de revenir vers mon rêve. Après la formation, j'aimerais travailler en Guyane.
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