Ci-dessus, l'entreprise de menuiserie de Jocelyn Nadeau, à Cayenne. À droite, Pierre Natchez, président du groupement des artisans réunis du bois, et Hervé Darivon, de la Chambre des métiers. (HG & TF)
Après des années de tentatives infructueuses, la Chambre des métiers est parvenue à regrouper les artisans du bois au sein d'une même entité. Une union dont l'objectif est de promouvoir des professions délaissées par les jeunes Guyanais.
(HG & TF)
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Il arrive parfois que la patience finisse par s'avérer payante. Depuis des années, la Chambre des métiers essaye de réunir sous une même bannière les artisans du bois. De vaines tentatives en rendez-vous manqués, les dirigeants actuels sont finalement parvenus à créer une entité regroupant des menuisiers, des ébénistes, des charpentiers et des artisans d'art. Le bien nommé « groupement des artisans réunis du bois » a officiellement vu le jour le 8 avril, principalement grâce aux efforts consentis par le conseil régional. Depuis, l'organisme s'efforce de se faire connaître et de parfaire son organisation.
Pour l'heure, le groupement ne compte que six artisans de Cayenne, Matoury et Macouria. « Des professionnels déjà installés qui n'ont pas forcément besoin du groupement mais qui sont justement là pour apporter leur expérience à ceux qui nous rejoindront par la suite » , explique Hervé Darivon, responsable du service économique de la Chambre des métiers. De fait, la présidence du groupement est occupée par Pierre Natchez, qui est loin d'être un novice.
« Nous regrouper n'a pas été chose facile, rappelle le président. Mais on y est arrivé. C'est important, car on manque d'artisans du bois en Guyane. Et les petits artisans n'ont pas toujours du travail régulièrement. Avec l'assistance de la Région, ce groupement permet de voir plus de perspectives de travail. »
INVESTIR LES MARCHÉS PUBLICS
Hervé Darivon confirme : « Les artisans veulent aller sur les marchés publics, mais c'est compliqué sur les plans administratifs ou juridiques. » C'est la raison pour laquelle l'une des premières initiatives du groupement a été de recruter une juriste. « Car notre premier objectif est de positionner les TPE (très petites entreprises) sur les marchés publics » , insiste Hervé Darivon. « Pour ce faire, beaucoup de travail reste à entreprendre. Notamment le fait de répertorier l'ensemble des professionnels du département. Pas une mince affaire. Ensuite il faudra évaluer leurs compétences, les accompagner vers des projets, les aider. « Il y a beaucoup de possibilités, assure Pierre Natchez. On va apporter des idées, réaliser des choses ensemble. » Avec la volonté sous-jacente de changer l'image quelque peu archaïque qui colle à la peau des artisans du bois et ainsi attirer les plus jeunes vers les métiers. Encore faut-il pouvoir les former.
LA BASE DU MÉTIER
« Il n'est pas normal qu'en Guyane, au Centre de formation des apprentis (CFA), il n'y ait pas d'atelier bois ou bijouterie » , grogne Hervé Darivon. « J'ai vu des jeunes qui sortent du bac et qui ne sont pas capables de monter une porte, s'étrangle Pierre Natchez. Les jeunes doivent bénéficier d'un travail de fond. Les former à utiliser les machines numériques, c'est bien, mais avant il faut maîtriser la base du métier. »
Comme le souligne le président du groupement, « si la collectivité nous donne plus de travail, nous allons avoir besoin de main d'oeuvre » . Une collaboration directe avec l'Education nationale, donc le rectorat, est donc envisagée. « L'ébénisterie est un métier prenant et c'est peut-être ce qui fait peur aux jeunes, suppose Pierre Natchez. Il faut peut-être aller dans les collèges pour communiquer. » Toutefois, avant cela, le groupement poursuit sa mise en place. Comptabilité, secrétariat... Chaque chose en son temps, dirait sans doute un artisan.
REPÈRES
365 entreprises
Au 31 décembre 2013, la Guyane comptait 365 entreprises spécialisées dans les métiers du bois et de l'ameublement. En comparaison, le secteur du bâtiment en dénombrait 2 644, celui des transports et de la réparation 788, celui de l'alimentation 652 et celui du travail des métaux 328. Les autres secteurs de fabrications comptent 305 entreprises. (Source : Chambre des métiers et de l'artisanat)
Une filière en mutation
La filière bois se structure progressivement en Guyane. La création de la marque collective « Bois de Guyane française » a été une étape importante. Reste désormais à consolider et développer les formations proposées aux plus jeunes. « C'est le facteur important conditionnant le développement économique de tous les secteurs de la filière » , rappelle l'Institut d'émission des départements d'Outre-mer dans son rapport annuel.
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