En arrivant à l'île Royale, vous saurez désormais à quoi sert cet étrange chantier offshore. (PhCh)
Le navire qui faisait la navette avec les Îles du Salut a sombré. Il est en train d'être remonté.
Le Soleil Royal, navette de transport qui a longtemps assuré la liaison entre le port de Kourou et les Îles du Salut, a fini par sombrer alors qu'il était au coffre (amarré à une bouée en retrait du lieu d'appontage) dans la baie de l'île Royale. Depuis, dans la mesure où l'épave pouvait représenter un danger pour la navigation, sa propriétaire a été contrainte de lancer un appel d'offres pour s'en débarrasser dans les règles. C'est une société kouroucienne, TMT (Tra. Mo. Ter), qui a relevé ce défi qui s'apparente à du travail offshore. Son directeur, Dominique Meillier-Sacco, a su agréger les compétences techniques d'ingénieurs et le savoir-faire de sous-traitants locaux : STMG (soudures), la Société Nautic Auto Caraïbes (qui a assuré les transports maritimes) et la Société de plongeurs sous-marins Sub Services Guyane.
UN POIDS TOTAL DE 33 TONNES
« Nous avons dû fabriquer dans nos ateliers et remorquer sur place trois barges de taille différentes, explique-t-il. Nous disposons de deux barges de levage : une petite de 10 m2 environ qui nous permet de lever les éléments les moins lourds et une plus grande, avec des palans de 3 tonnes à 4 m de hauteur, d'une surface quatre fois plus grande et qui possède une ouverture centrale pour les éléments les plus massifs. Une benne-barge est placée sur l'arrière du chantier et permet de stocker les pièces avant évacuation grâce à des bateaux qui peuvent accoster à la structure. Cela nous a demandé un mois de fabrication. » Un chantier titanesque lorsque l'on connaît les dimensions initiales du Soleil Royal, qui pouvait accueillir jusqu'à 181 passagers, mesurait 26 x 8 mètres pour un poids de total de 33 tonnes. « Les seuls moteurs pèsent chacun 2 tonnes » , précise le directeur.
Malheureusement, aucune des pièces repêchées ne pourra être recyclée. Certaines seront évacuées dans les décharges environnantes et d'autres, plus polluantes, seront détruites dans l'Hexagone par des sociétés spécialisées. Sous l'eau, des plongeurs découpent le bateau avec des tronçonneuses pneumatiques avant de fixer les éléments aux appareils de relevage. Le chantier qui a commencé début novembre, doit être terminé fin janvier. « Je ne suis pas sûr que la société aura gagné beaucoup d'argent » , précise Dominique Meillier-Sacco. Mais il aura démontré qu'il n'était pas besoin d'aller chercher ailleurs les compétences que l'on a chez soi.
Édition spéciale : Rétro 2025
Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters