Le gouvernement s'oppose à la recherche d'hydrocarbures en Outre-mer
Le développement des outre-mer doit passer par autre chose que par l'exploitation des hydrocarbures, a affirmé mercredi la ministre de la Transition écologique Monique Barbut
" Il y a une décision du gouvernement qui est d'émettre un avis négatif sur cette PPL ", a affirmé mercredi 28 janvier la ministre à des journalistes, dont l'AFP.
" La France a été porteuse de positions extrêmement fortes sur cette question, elle est à la tête de la coalition Beyond Oil and Gas. C'est sur des choses comme ça que j'ai pu accepter d'être ministre ", a poursuivi Monique Barbut qui avait récemment fait planer l'hypothèse d'un départ en cas de soutien gouvernemental à cette proposition de loi.
" Soutenir cette PPL ça rendrait la position de la France intenable à l'international ", a-t-elle encore dit mercredi.
A l'initiative du groupe macroniste (RDPI), constitué de nombreux sénateurs ultramarins, une proposition de loi visant " à lever, dans les territoires d'Outre-mer, l'interdiction de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures " arrive au Sénat jeudi 29 janvier dans l'après-midi (heure de Paris).
Interrogé par l'AFP, le groupe RDPI du Sénat a indiqué qu'il "pren(ait) acte de la position du Gouvernement ".
Texte maintenu au Sénat
" Le texte est bien évidemment maintenu, appuyé par notre ADN ultramarin et notre soutien entier au sénateur Patient et aux Guyanais. Nous souhaitons que le Sénat ait l'opportunité de s'affirmer sur le sujet ", a-t-il ajouté.
C'est le ministre de l'Economie Roland Lescure qui défendra la position du gouvernement, a précisé Bercy, qui était lui aussi défavorable à ce texte.
La question du développement des outre-mer par les hydrocarbures n'est pas nouvelle: l'an dernier, le ministre des Outre-mer Manuel Valls avait dit vouloir "ouvrir le débat " sur l'interdiction de l'exploitation des hydrocarbures en France, suscitant l'opposition de ses collègues de l'Environnement, Agnès Pannier-Runacher, et de l'Energie, Marc Ferracci.
Ces tentatives se sont produites alors que la loi Hulot de 2017 interdit toute prospection d'hydrocarbures sur le territoire français, sur terre comme en mer.
Un permis d'exploration de Total (devenu TotalEnergies en 2021) au large de la Guyane avait expiré le 1er juin 2019 sans résultat probant, fermant alors la porte à une éventuelle industrie pétrolière locale.
Le projet de relance des hydrocarbures a fait l'objet d'un désaccord interne au gouvernement, la ministre des outre-mer Naïma Moutchou s'étant montrée favorable au nom du développement économique de la région, face à l'opposition de Monique Barbut.
Faut-il autoriser l'exploration pétrolière en Guyane ?@NaimaMoutchou, ministre des Outre-mer : "Oui. Je défends une autre ligne que la ministre Monique Barbut (...) Je dis : attention à ne pas tout décider depuis Paris !" #GrandMatin
— Sud Radio (@SudRadio) January 26, 2026
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Plusieurs ONG environnementales avaient fait part aux sénateurs de leur opposition à la proposition de loi, y voyant " une promesse trompeuse et irresponsable ".
Dégâts aux écosystèmes
" Je ne vois pas en quoi ça règle aujourd'hui la question du développement de la Guyane ", a poursuivi mercredi Monique Barbut, qui a ajouté: " en revanche je vois très bien les dégâts qui vont être causés aux écosystèmes. (...) Le reste c'est de l'hypothèse. Et donc c'est un peu cher payé ".
Dans une tribune publié dans le journal Le Nouvel Obs, les sénateurs écologistes Yannick Jadot et Mathilde Ollivier, dénoncent une proposition de loi "aussi irréaliste qu’à contresens de l’Histoire", qui ne bénéficiera pas aux Guyanais, "faute de formation, mais aux firmes pétrolières qui s’accaparent l’essentiel de la valeur et viennent avec leurs propres équipes".
Reste à savoir si les sénateurs vont suivre la position du gouvernement. Le texte est examinée dans l'après-midi, heure de Paris, au Sénat.

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