La navette n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière
La navette fluviale mise en place à la fermeture du pont du Larivot et récupérée en avril par le SMTC transporte en moyenne 330 passagers par jour entre Macouria et Cayenne.
Serge, 53 ans, emprunte la navette fluviale tous les jours, « matin et soir », pour se rendre à son travail, à Cayenne. Avant, il faisait du stop, « mais c’était fatigant et stressant », explique-t-il en attendant à la Pointe Liberté d’embarquer dans le bateau de 28 places battant pavillon brésilien. Lui est conquis par ce nouveau moyen de transport, malgré quelques défauts qu’il ne manque pas de relever : « Il faudrait des abris à la Pointe Liberté pour nous protéger quand il pleut ». Il trouve également le prix un peu excessif, surtout pour le bus entre Macouria et le débarcadère : 2,20 euros. « Ce devrait être le même prix que le bateau, 1,10 euro ». Et puis, Serge trouve dommage que la navette ne fonctionne pas les dimanches et jours fériés : « Quand on veut sortir, on ne peut pas ».
Cette dernière doléance pourrait bien trouver rapidement une issue. Le projet de développer une ligne Cayenne-Macouria-Montsinéry les dimanches et jours fériés est toujours dans les cartons : « On va le faire », affirme, confiant, le directeur du SMTC Louis-José Latouche. Il devrait en dire plus demain lors d’une conférence de presse. La capitaine du bateau fait signe aux derniers passagers d’embarquer. Il fixe le vélo de l’un d’eux à l’avant, puis met les gaz. Sept personnes ont pris place. Dix minutes plus tard, la navette s’engage dans le canal Laussat.
330 passagers en moyenne empruntent chaque jour la navette. Le SMTC tablait sur 600 passagers pour développer le dispositif. Mais pour son directeur Louis-José Latouche, pas de panique à bord, ce moyen de transport n’en est qu’à son début : « Tout ne peut pas se faire en un jour. Ce dispositif n’a en fait que trois mois, et j’ai bon espoir pour son avenir. À l’heure actuelle, c’est un projet très intéressant. Il faut développer le transport multimodal en Guyane. » La navette se trouve encore, et jusqu’à fin septembre, dans sa « phase d’expérimentation ». À ce titre, elle bénéficie d’un financement à hauteur de 70 % par des fonds européens. Passée cette phase, il faudra « un montage financier pour la pérenniser. Il y a une question de volonté politique », explique Louis-José Latouche. Pour « mieux vendre ce produit », des aménagements restent à réaliser par les collectivités locales, par exemple à la Pointe Liberté. Au moment de la réouverture du pont, on parlait d’y réaliser une marina.
Lundi, deux nouveaux bateaux devraient prendre le relais des navettes actuelles. Climatisés, ils pourront aussi embarquer plus de monde.

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