Cayenne et Kourou figurent parmi les marchés les plus chers (RF)
En 2012 (tableau ci-dessus), et encore aujourd'hui, Saint-Laurent reste le marché où une majorité de produits ont un coût inférieur à ceux du littoral (DR)
Relevé des prix de détail des LÉGUMES en euros au kg sur les marchés de GUYANE (FÉVRIER 2014)
Relevé des prix de détail des LÉGUMES en euros au kg sur les marchés de CAYENNE (FÉVRIER 2014)
Relevé des prix de détail des LÉGUMES en euros au kg sur les marchés de KOUROU (FÉVRIER 2014)
Relevé des prix de détail des LÉGUMES en euros au kg sur les marchés de SAINT-LAURENT-DU-MARONI (FÉVRIER 2014)
Relevé des prix de détail des FRUITS en euros au kg sur les marchés de GUYANE (FÉVRIER 2014)
Relevé des prix de détail des FRUITS en euros au kg sur les marchés de CAYENNE (FÉVRIER 2014)
Relevé des prix de détail des FRUITS en euros au kg sur les marchés de KOUROU (FÉVRIER 2014)
Relevé des prix de détail des FRUITS en euros au kg sur les marchés de SAINT-LAURENT-DU-MARONI (FÉVRIER 2014)
(Henri Griffit)
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Le kilo de couac à 5 euros actuellement en surprend plus d'un. Certains prix doublent voire triplent sur les étals, d'une année à l'autre ou d'un mois au suivant. La principale responsable : la météo. Mais pas que. Le point sur ces variations de prix.
Des étals diversifiés à souhait, frais, colorés et parfumés. Matérialisée, cette belle carte postale a un prix. Un prix dont la tendance est plutôt à la hausse sur les marchés du département. Les indices de prix publiés chaque mois par l'Insee hissent le secteur de l'alimentation loin devant les autres, en progression. Plus spécifiquement les produits frais. Sur ces douze derniers mois, leur prix a crû de plus de 8,5% (pour un ordre d'idée, les autres hausses ne vont que de 0,1 à 2,3%). Selon l'Insee, la situation serait essentiellement due au renchérissement des légumes et poissons.
65 % DES LÉGUMES EN HAUSSE EN FÉVRIER
Focus donc sur les stars des marchés, les fruits et légumes. Selon les relevés de prix mensuels réalisés par la Daaf (Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt), sur l'échantillon des 32 légumes sélectionnés, 21 sont en hausse entre janvier et février. Côté fruits, sur 26 échantillons, 16 ont vu leur prix augmenter sur cette même période. Cette moyenne se fonde sur les prix de trois marchés du département : Cayenne, Kourou et Saint-Laurent. Pour Jean-Christophe Lambert, chef du service statistique à l'origine de l'étude, il est habituel que « février et mars correspondent à une période de forte hausse. Tout comme c'est en avril et mai qu'on observe les plus fortes baisses de l'année » .
SAINT-LAURENT, MARCHÉ LE MOINS CHER
Rien de trop anormal donc. Mais la tendance globale à l'année a tout de même été à la hausse. Tous les prix ne suivent pas nécessairement la norme naturelle : celle des prix selon la saison. À l'instar du citron, qui a connu une envolée avant l'heure, dès le mois d'août. Citrons, concombres, salades. .. font traditionnellement partie des produits qui sont fortement marqués par des variations saisonnières. C'est en revanche plus inhabituel pour l'aubergine, le piment ou le manioc. À période comparable (février 2013 et février 2014), le piment est passé de 4,72 euros à 5,77 en moyenne ; le petit avocat de 4,78 à 7,40 euros au kilo. Jean-Christophe Lambert se souvient qu'à son arrivée dans ce service en 2010, « le prix au kilo du couac était à 3 euros, aujourd'hui il est à 5. Mais on en trouve encore sur Saint-Laurent à 3 euros, 3,5... » Car une évidence ressort de la comparaison des trois marchés du département : Saint-Laurent reste celui où l'on trouve une majorité de fruits et légumes les moins chers. En 2012, sur 62 produits comparés, 13 étaient plus élevés à Cayenne et seulement 6 à SaintLaurent (voir tableau ci-contre). La frontière fluviale avec le Suriname n'y est pas étrangère.
ENCORE UNE ANNÉE SÈCHE ARDUE
Pour Jean-Christophe Lambert, de nombreux vergers ont été mis à mal par deux années consécutives difficiles du point de vue climatique. En 2012, une saison sèche très marquée ; en 2013, une saison sèche perturbée par de fortes précipitations. Dans tous les cas, les pertes sont considérables, la production moins forte et donc les prix plus élevés. « Pour la crise du couac, la récolte du manioc a sûrement été retardée par les mêmes raisons » , commente-t-il. Des maladies auraient attaqué également certains fruits, comme la banane. Dans ce dernier cas de figure, même les subventions versées aux agriculteurs ne rattrapent pas les pertes (compter près de 3 000 euros les 10 hectares). A peine de quoi payer l'essence du tracteur. »
En 2012 (tableau ci-dessus), et encore aujourd'hui, Saint-Laurent reste le marché où une majorité de produits ont un coût inférieur à ceux du littoral (DR)
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(*) En pratique, les prix sont fixés par les producteurs en fonction de l'offre (plus elle est faible plus ils augmentent). Les premiers installés fixent un prix, repris par les autres. Ils augmentent au cours de la matinée au fur et à mesure que les producteurs - qui écoulent leurs stocks - sont remplacés par des revendeurs.
Menace sur la fête du ramboutan
Le ramboutan victime de son succès ? Le fruit n'a pas représenté la Guyane au salon de l'agriculture le mois dernier à Paris. Sur les étals locaux, il se fait également désirer. Depuis décembre, quelques fruits ont fait leur apparition, affichant 5 euros le kilo. On est loin des 1,50 euro connu lorsque la production bat son plein. « Ces cinq dernières années, il y a une telle production que les vergers se sont fatigués et puis les prix ont beaucoup chuté. Il y a un manque à gagner pour le producteur. Beaucoup ont préféré arracher » , explique Philippe Ya Va Thaï, installée Cacao. Près de 30% des arbres ont été remplacés par des agrumes, plus rentables. « La commercialisation est aussi difficile. On n'a pas d'autres solutions que le marché pour vendre. » Enfin, « l'arbre a besoin d'une période de sécheresse pour déclencher un stress hydrique et fleurir. On n'a pas eu une bonne saison sèche » , conclut le producteur. Depuis une dizaine d'années, la fête du ramboutan (au 1er mai) ravit les Guyanais et met un coup de projecteur sur Cacao.
Selon Philippe Ya Va Thaï, elle ne devrait pas être annulée mais prendrait une autre forme : finies les visites de champs et de récolte par le public. Cette année, la fête s'organiserait autour de stands. « On attend que la municipalité (qui finance la fête, ndlr) s'installe pour finaliser tout ça. »
3 QUESTIONS À ... Nestor Radjou expert en économie, actuel membre de l'Observatoire des prix : « La demande supérieure à l'offre »
Comment expliquer ces prix élevés ?
En matière de prix, l'économie guyanaise est fortement impulsée par la demande, toujours supérieure à l'offre du fait de la pression démographique.
Le deuxième facteur essentiel, ce sont les revenus. Lorsque l'on consulte sur le site de l'Insee les revenus nets par région, on voit que la Guyane se place parmi les plus hauts de France, pour les professions intermédiaires et les cadres notamment.
Le problème, c'est que la formation des prix se fait en fonction de ces revenus-là. Sauf que notre département est très disparate. La grande masse, elle, est la grande perdante.
Comment sont déterminés ces prix ?
Mon sentiment, c'est qu'il y a des règles, certes, mais que beaucoup de prix, sur les marchés (1), se font aléatoirement. Les commerçants doivent probablement harmoniser entre eux après avoir évalué leurs coûts.
Après tout, on est encore sur une agriculture très artisanale.
Est-ce que les aléas climatiques peuvent tout justifier ?
Bien sûr que non. L'autre paramètre, c'est notre environnement géoclimatique. Les terres équatoriales comme en Guyane ne sont pas très fertiles dans la mesure où, avec le lessivage des sols beaucoup de nutriments s'en vont. Et puis nous avons une histoire tout à fait différente qui a un impact sur les pratiques agricoles, les coûts de productions et in fine sur les prix. Les terres européennes sont nettoyées depuis le Moyen-âge.
Nous devons innover dans la méthode pour proposer de meilleurs prix. Il y a aussi le fait qu'on importe énormément. La concurrence est forte pour ces commerçants. C'est une combinaison de facteurs internes et externes qui justifient le prix que vous voyez sur les étals.
Propos recueillis par R.F.
Relevé des prix de détail des LÉGUMES en euros au kg sur les marchés de GUYANE (FÉVRIER 2014)
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Relevé des prix de détail des LÉGUMES en euros au kg sur les marchés de CAYENNE (FÉVRIER 2014)
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(Henri Griffit)
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