Cacao et café : des filières prometteuses
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Cacao et café : des filières prometteuses

Stéphanie BOUILLAGUET
Le Cirad* étudie le cacaoyer sauvage de Guyane. Une filière de production pourrait se mettre en place (SB)
Le Cirad* étudie le cacaoyer sauvage de Guyane. Une filière de production pourrait se mettre en place (SB)

À Sinnamary, le Cirad (1) fait de la recherche sur des cacaoyers et des caféiers. Il ne manque pas grand-chose pour développer de réelles filières de production. Une convention a été signée hier avec la Région.

Un café guyanais, léger et parfumé, accompagné de carrés de chocolat au cupuaçu. Hier, les élus de la Région ont eu droit à une collation 100% Guyane lors de leur visite de la ferme expérimentale du Cirad, à Sinnamary. À la Pointe Combi, le centre de recherche étudie de nombreuses variétés : ananas, mandariniers, palmiers parépou, bois de rose... Mais aussi des caféiers et des cacaoyers sauvages de Guyane. Ces derniers pourraient bien représenter le point de départ d'une filière organisée de cacao (2). « Nous pouvons mettre à la disposition de la Région une quinzaine de variétés pour développer la filière cacao en Guyane, assure Jean-Marc Thévenin, directeur du Cirad Guyane. Ces cacaoyers sont résistants à la maladie, ils présentent un bon rendement et ont une saveur chocolatée supérieure à la référence internationale. »
En ligne de mire, la production d'un chocolat estampillé produit de Guyane, qui ciblerait un marché de niche, haut de gamme. « Nous ne pourrons pas concurrencer les grands pays producteurs, où le coût de la main-d'oeuvre est bien moins élevé. Il faut développer des produits de très haute qualité et à forte valeur ajoutée » , précise Jean-Marc Thévenin.
Les vice-présidents de la Région Hélène Sirder et Jocelin Ho-Tin-Noé n'ont pas caché leur intérêt : « Notre stratégie est axée sur le développement endogène, avec nos ressources [...]. Nous sommes impatients que certaines filières passent à l'action » , indique Hélène Sirder.
DE L'ARABUSTA GUYANAIS
La prochaine étape sera la mise en place d'un réseau de parcelles expérimentales sur tout le littoral guyanais, « afin de tester le cacaoyer dans différentes conditions et déterminer les variétés les mieux adaptées » .
Autre filière à développer, celle du café. Le Cirad mène sur son site de la Pointe Combi des recherches sur des plants de caféiers arabusta. Une quarantaine de parcelles sont également en cours d'expérimentation entre Saint-Laurent et Saint-Georges. Certaines sont entrées en phase de production, notamment à Régina. « Nous allons maintenant étudier la qualité du café en fonction de la zone et du sol » , précise un chercheur du Cirad. Dix clones (variétés) ont été là encore distribués : aux chercheurs de déterminer le ou lesquels ont le plus de potentiel.
(SB)
(SB)
(1) Cirad : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.
(2) Il existe aujourd'hui deux ou trois producteurs de cacao, mais à très petite échelle.
ET AUSSI
Parépou
Le Cirad travaille également sur les palmiers parépou. Ils pourraient permettre de lancer une filière de coeurs de palmier frais, que l'on pourrait trouver au marché...
Camou Camou
Cette plante amazonienne est aussi étudiée sur le site du Cirad. Les fruits du camou camou, cultivé notamment au Brésil et au Pérou, sont exportés aux États-Unis, au Japon et en Europe, où ils sont employés pour fabriquer des compléments alimentaires.
Un partenariat
La Région a signé hier un protocole d'accord avec le Cirad, représenté par son président-directeur général, Michel Eddi. Il identifie les axes prioritaires de recherche pour le développement agronomique de la Guyane dans les prochaines années.
(Stéphanie Bouillaguet)
(Stéphanie Bouillaguet)

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