Bilan 2025 : une reprise encore fragile de l'économie guyanaise
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Économie

Bilan 2025 : une reprise encore fragile de l'économie guyanaise

Oriane REALLE ; o.realle@agmedias.fr
La filière BTP guyanaise a vu un effondrement de ses activités en 2025 avec des ralentissements de construction, comme le pont du Larivot.
La filière BTP guyanaise a vu un effondrement de ses activités en 2025 avec des ralentissements de construction, comme le pont du Larivot. • K.ODAY

L'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) a présenté mardi 28 avril sa synthèse annuelle 2025. L'économie guyanaise reste confrontée à de fortes fragilités : endettement chez les ménages, marché du travail déséquilibré...

" En 2025, l'environnement économique de la Guyane s'améliore avec toutefois des vulnérabilités persistantes ", souligne Laurence Herrou, directrice par intérim de l'agence de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM), au cours de la présentation du bilan économique annuel du territoire, mardi 28 avril.

Cette amélioration intervient après une année 2024 difficile, marquée par une baisse du produit intérieur brut de 1,1 %, notamment liée au recul de l'activité spatiale. En 2025, ce secteur retrouve un rôle moteur avec le redémarrage du Centre spatial guyanais et 7 lancements réussis, redonnant de l'élan à l'économie.

Cependant, les défaillances d'entreprises ont fortement augmenté en 2025, avec une hausse de 205,5 % à fin décembre par rapport à l'année précédente. Un signal qui confirme la fragilité du tissu économique local.

Le principal indicateur suivi par l'IEDOM, le climat des affaires, traduit aussi un certain regain. Il atteint 105 en fin d'année 2025, soit un niveau supérieur à la moyenne, signe d'un retour de la confiance chez les chefs d'entreprise. L'enquête a néanmoins été réalisée avant le conflit au Moyen-Orient. 

Le secteur du BTP nettement en baisse 

Plusieurs secteurs contribuent à cette reprise. L'industrie agroalimentaire enregistre une progression de 5,3 % sur un an. Le tourisme repart également, avec une hausse de 6,2 % du nombre de passagers à l'aéroport Félix Eboué et une forte augmentation du nombre de vols, en progression de 22,6 % par rapport à 2024. L'activité aurifère bénéficie, elle, de la hausse des prix, soutenant la valeur des exportations d'or 31,4%.

Dans le même temps, certains indicateurs restent orientés à la baisse. Le marché automobile connaît un net ralentissement, avec des importations de véhicules en chute de 12,7 % en valeur. Globalement, les importations de biens de consommation progressent faiblement, autour de 0,8 % et l'activité des entreprises du commerce s'est dégradée.

Et le secteur du BTP connaît une baisse continue, avec une construction de logements en "berne" et une chute de 29,2% alors que les besoins sont importants. 

Mais l'inflation ralentit nettement. Elle s'établit à 1,5 % en moyenne annuelle, contre 3 % en 2024, sous l'effet de la baisse des prix de l'énergie. Cette accalmie ne suffit toutefois pas à relancer la consommation, qui stagne. Les importations de biens de consommation progressent faiblement, autour de 0,8 %, traduisant une demande encore prudente des ménages.

Emploi et ménages toujours sous pression

Malgré ces signaux positifs, les fragilités persistent. Le marché du travail reste déséquilibré, avec un taux de chômage stable à 16,9 % par rapport à 2024. Le taux de chômeurs de longue durée est de 31,8%. Les difficultés des ménages se confirment également, avec une hausse de 8,2 % du nombre de dossiers de surendettement déposés sur un an.

L'investissement privé demeure toutefois un moteur essentiel de l'activité économique. Le financement bancaire accompagne cette dynamique, avec des encours de crédits en hausse de 6 % et une collecte d'épargne en progression de 4,6 % en 2025.

2026 sous incertitudes

Les perspectives pour 2026 apparaissent globalement favorables, mais restent dépendantes du contexte international. Les tensions géopolitiques et la possible remontée des prix de l'énergie pourraient relancer l'inflation et peser sur la croissance. " Selon les scénarios de la Banque de France, l'inflation pourrait ainsi progresser entre +0,8 % et +1,6 %, tandis que la croissance serait revue à la baisse, avec un produit intérieur brut en recul compris entre -0,3 % et -0,6 % ", ajoute Laurence Herrou. 

Ce contexte souligne la sensibilité de l'économie guyanaise aux chocs extérieurs. 

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