Dans sa station-service de Montabo, Jean-Marc Carassus a réalisé de nombreux aménagements de sécurité, qu'il a présenté au préfet préfet Eric Spitz et à Philippe Kong, premier adjoint au maire de Cayenne (KS)
Hier, le préfet a annoncé une série de mesures pour tenter de réduire le nombre de braquages avant les fêtes de fin d'année.
Ces dernières semaines, une série de braquages dans des commerces de l'Île de Cayenne et des cambriolages visant les coffres-forts d'entreprises du secteur ont provoqué l'émoi des professionnels. Une tension renforcée par l'importance que revêtent les fêtes de fin d'année pour leur activité. Hier, le préfet Éric Spitz a tenté de les rassurer, en annonçant une batterie de mesures.
1- LES CHINOIS CONNECTÉS
À Kourou, les gendarmes envoient des SMS d'alerte à plus de 200 commerçants quand un méfait se produit. À Saint-Laurent, trois représentants de la communauté chinoise sont chargés de transférer les informations des forces de l'ordre sur les réseaux sociaux en mandarin. Dans l'Île de Cayenne, c'est l'inverse : ce sont les commerçants qui alertent les policiers et les gendarmes. Les patrons de libre-service ont enregistré un numéro de téléphone dans leur portable. Si une agression se produit dans leur magasin, il leur suffit d'appeler ce numéro. « Le commerçant appuie sur une touche. Il n'a pas besoin de parler. Il a rentré son adresse dans une base de données. La brigade anticriminalité sait alors d'où vient l'appel et une équipe part immédiatement sur place » , détaille le préfet.
2- LA VIDÉO-PROTECTION ENCORE ÉTENDUE À CAYENNE
Les travaux d'installation des nouvelles caméras commencent dans quelques jours. La phase prévoit que les quartiers de Mango, Jacarandas et Mirza soient placés sous vidéo-protection. Et à la mairie de Cayenne, on planche déjà sur la phase 3, qui sera effective fin 2015 avec des caméras placées aux endroits suivants : ronds-points de la Madeleine, de Mirza et de Suzini, mais également route de Montabo et le long du canal Laussat.
3- UN RENFORT DE GENDARMES
Dès aujourd'hui mardi et jusqu'au 15 janvier, un peloton de gendarmes (une quinzaine d'hommes) vient en renfort sur les opérations menées par la police nationale : sécurité routière, sécurisation des commerces, trafic de stupéfiants, vol d'énergie... « Chaque semaine, on s'adaptera à l'actualité pour mener différentes actions » , explique le commissaire Olivier le Cardinal, directeur départemental de la sécurité publique. Un second peloton pourra être mobilisé « quand ce sera nécessaire » , les vendredis soirs par exemple.
4- DES AGENTS DE PROTECTION DE LA VOIE PUBLIQUE
Nous vous l'annoncions le mois dernier : la ville de Cayenne a recruté vingt jeunes qui endosseront dès le 5 janvier l'uniforme (violet) d'agents de protection de la voie publique. Ils seront déployés en centre-ville et en périphérie et chargés de surveiller plus particulièrement les établissements scolaires et les commerces.
ILS ONT DIT
Que pensez-vous des propositions des forces de l'ordre pour la sécurité des commerçants ?
Joseph Ho, membre du bureau de Fa Kiao Kon So : Une très bonne initiative
(KS)
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C'est une très bonne initiative. Il y a plus de dialogue entre les autorités et les commerçants. Je vais prendre rendez-vous avec la police et la gendarmerie, pour qu'on ait plus de détails (sur les mesures mises en oeuvre pour protéger les commerçants). Il reste des problèmes à régler, comme la barrière de la langue avec certains commerçants chinois. À Kourou par exemple, le numéro d'urgence est une bonne chose, mais il faut que le commerçant puisse communiquer. Mais c'est une très bonne initiative : c'est la première fois que les autorités viennent vers nous.
Jean-Marc Carassus, président du Syndicat des gérants de station-service de Guyane : La Guyane manque de moyens
(KS)
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Très sincèrement, l'intention est bonne. Nous soulignons les efforts des services de police. Mais le plan qu'on nous propose est un plan ponctuel. Il faut que la Guyane dispose de plus de moyens. Or, il est flagrant que les forces de l'ordre n'ont pas assez de moyens. Nous croisons les doigts pour que personne ne se prenne une balle. On ne peut pas empêcher les braquages, bien sûr, mais on peut faire en sorte de rendre les stations-service moins attrayantes : il n'y a pas d'argent dans nos caisses.
Françoise Gimel, vice-présidente de l'Union des commerçants de l'Île de Cayenne : Les autorités ont conscience qu'il y a urgence
(KS)
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Je pense qu'il y a de bonnes avancées. En cette période qui va être très importante pour le commerce, les autorités ont pris à bras-le-corps cette problématique. Le dispositif, avec les rondes des forces de l'ordre, existe depuis plusieurs années. Cette fois-ci, les autorités ont devancé (nos demandes). Elles ont pris conscience qu'il y a urgence. On ne peut pas laisser les entreprises seules alors que, tous les jours, on parle de cambriolages et d'agressions. Je demande à tous les commerçants de faire preuve de vigilance et de collaborer avec les forces de l'ordre, pour qu'on puisse bien travailler pendant les fêtes.
Natacha Chaya, commerçante de Cayenne : Des efforts ont été faits
(KS)
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Depuis un an, j'ai constaté de vraies avancées. Tout le monde a pris conscience du problème et des efforts ont été faits à tous les niveaux. Le maire, le préfet et les services de police sont très disponibles et réactifs. La délinquance a baissé et c'est un soulagement. Mais la mauvaise image (du centre-ville de Cayenne, ndlr) est restée. Il faut qu'on crée des événements, qu'on communique, pour attirer de nouveaux commerçants. Avec les fêtes, on entre dans une période à risque car les voleurs font leurs emplettes comme tout le monde (sourire). On doit donc être plus vigilant. Ce matin (hier), j'ai lancé un WhatsApp des commerçants : on est déjà une quarantaine, on échange des informations et des alertes.
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