UNE NUIT À... PARAMARIBO : Nuit sonnante… et trébuchante
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UNE NUIT À... PARAMARIBO : Nuit sonnante… et trébuchante

Pierre-Yves CARLIER

Gastronomie, casino, musique autour du Palmentuin et du Waterkant.

Le pont de Paramaribo étire au loin sa silhouette vertigineuse. Malgré la nuit, les lumières de la ville laissent deviner cette courbe prodigieuse qui s’élève audessus du fleuve Suriname. Un chanteur de reggae pousse la chansonnette, sous le kiosque du Waterkant. Les célèbres façades blanches dominent l’eau. Dans les rues saluées par l’Unesco, les lampadaires les teintent d’orange, alors que la circulation s’estompe.
Les litres de Parbo s’empilent sur les tables plastique, les bancs en bois et le muret de pierre qui longent le fleuve. Français, Hollandais et Surinamiens partagent loempia, bami, bakabanas et chips de bananes, autour des snacks. Les plus aventureux ont commandé une petite bouteille de Borgoe ou de Marienburg, qui titrent respectivement à 38 et 90°. La foule a envahi l’immense place engazonnée face au palais présidentiel. De la musique indienne s’élève dans les airs. Toute l’année, la capitale surinamienne vit au rythme des fêtes indiennes, javanaises, amérindiennes, bushinengués, créoles ou hollandaises… Les premières sont les plus colorées, avec un sommet atteint en mars, lors de Holi, la fête des couleurs où l’on s’asperge de poudre rose, verte, jaune… Dans les airs, un feu d’artifice s’élève à son tour. La musique s’éloigne à mesure que l’on s’approche du Palmentuin, l’immense parc qui fait de l’ombre à notre place des Palmistes. Un pincement nostalgique s’emparera de ceux qui regrettent qu’il soit désormais fermé la nuit.
Waterkant, discothèque, machines à sous

Les fleuristes ferment leurs cahutes. Le parfum des tulipes se mêle à celui des plantes amazoniennes. Des Hollandais ont pris place autour des tables du T’Vat. Certains attendent l’ouverture du Starz, pour sa terrasse à l’étage et sa proximité des guesthouses, qui épargne un retour en taxi. Les autres pousseront sur Wilhelminastraat, derrière la station Shell, pour trouver d’autres boîtes de nuit et bars, où les groupes alternent avec les DJ. Sur le coup des 5 heures, une foule bigarrée en reviendra, qui en taxi, qui à pied, qui en chantant ou en cherchant son chemin. D’autres chercheront une autre musique. Celle des pièces qui tombent des machines à sous, en rêvant au jackpot. Paramaribo compte une trentaine de casinos. Chaque année, il s’en construit un qui promet d’être plus grand que les autres. Celui du Torarica a abandonné son Bingo, qui lui garantissait son succès, mais aligne toujours des machines où il suffit d’aligner trois prunes pour faire tomber des jetons à 0,25 SRD.

Le Mirage, lui, a abandonné les pièces au profit de codes barres, sur des machines qui ne jurent plus que par l’électronique. Chacun se ruinera ou s’offrira un peu plus de rêves, comme il l’entendra.

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