Vanilza et Tania sont à l'origine du centre amérindien Panakuh (KS)
Tania et Vanilza, deux soeurs du village Kamuyunèh, viennent de créer le centre amérindien Panakuh. Elles proposent notamment des ateliers vanneries et des sorties découvertes.
Le long de la route nationale 1, à hauteur de Macouria, les étals de vanneries amérindiennes et de bijoux en graines font depuis longtemps partie du décor. C'est là que les Palikour du village Kamuyunèh viennent inlassablement exposer leur savoir-faire. Au milieu des paniers multicolores, affairées à leur tâche, nous retrouvons Tania et Vanilza Leoncio Batista. Ces deux soeurs sont aujourd'hui unies par un ambitieux projet : la création d'un centre amérindien baptisé Panakuh.
« IL Y A UN RÉEL RISQUE DEVOIR DISPARAÎTRE NOS SAVOIR-FAIRE »
Lancée en janvier dernier, cette association familiale se veut être un trait d'union entre les Amérindiens et les autres communautés de Guyane. « Il est temps de s'ouvrir, confie Tania, la présidente. Si on ne fait rien, les gens oublieront qu'on existe. » Très inquiète, elle poursuit : « Il y a un réel risque de voir disparaître nos traditions, notre culture et nos savoir-faire. Les jeunes ne s'y intéressent plus. Ils préfèrent sortir et faire la fête. Surtout les garçons. » La jeune femme a donc choisi de prendre le contre-pied des anciens et de partager ses connaissances.
Au centre Panakuh, Tania, Vanilza et leurs proches proposent donc des ateliers de vannerie traditionnelle, ouverts à tous moyennant 30 euros la journée. « C'est facile d'apprendre à faire des paniers. C'est comme les mathématiques » , assure la présidente. Initiée par sa mère à l'âge de 9 ans, la jeune femme s'est vite prise d'une passion dévorante. « J'ai toujours su que plus tard, je créerais une association pour apprendre ce savoir-faire à d'autres personnes » , explique-t-elle.
Mais pour leur association, les soeurs Leoncio Batista voient plus loin. Et plus grand. À Macouria, elles envisagent la construction d'un grand carbet qui abriterait un espace d'exposition, une salle de formation, un accueil touristique, mais aussi un hébergement en hamac. Des sorties seraient par ailleurs proposées pour découvrir le mode de vie des Palikour : extraction du manioc, fabrication du couac, ramassage des matières premières pour la confection d'objets... Tania s'y voit déjà : « Si ça fonctionne bien, j'aimerais embaucher deux ou trois personnes pour animer les ateliers et servir de guide touristique. »
En attendant, vous pourrez découvrir le travail des jeunes femmes les 26 et 27 avril prochains, lors d'une grande expo-vente organisée à Roura.
Pour joindre le centre amérindien Panakuh, contactez Tania au 06 94 44 83 89 ou Vanilza au 06 94 07 90 90. Par mail : panakuh.association@yahoo.fr
Édition spéciale : Rétro 2025
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