Que veulent les "voltigeurs"
De plus en plus d'incidents semblent éclater en marge du défilé carnavalesque de Cayenne.
Ceux qui ont connu la grande époque des vidés reliant la place des Palmistes à la route de Montabo affirment qu'ils n'ont jamais vu autant de violence en cette période. « Entre la fin des années quatre-vingt et le début des années quatre-vingt-dix, les groupes comme Théolade, Caberia, Galas, Mécènes ou Blue Star étaient capables de réunir plus de 5 000 personnes tous les dimanches, après le défilé » , explique notre photographe Henri Griffit, qui suit le carnaval depuis les années soixante-dix. La foule suivait alors des camions où jouaient les orchestres jusqu'au dancing Canari, à proximité de la cité Zéphir. « Nou té ka volé vidé » , raconte Henri.
Pour lui, la donne a changé lorsque les groupes à pied se sont étoffés et se sont équipés de trompettes et autres instruments, devenant de véritables orchestres. « Avant, les groupes étaient moins importants et laissaient plus de place aux chants » , continue-t-il. Avec l'arrivée des instruments, la foule de suiveurs a laissé libre cours au défoulement... et les débordements n'ont pas tardé à surgir.
Jean-Yves est un enfant du Village chinois. Âgé d'environ 30 ans, il raconte qu'il a toujours participé au carnaval en tant que voltigeur. Selon lui, ces derniers cherchent juste à « se défouler » . « On se pousse, il y a parfois des « lévé féssé » , mais les armes ne sont pas dedans » , explique-t-il. Une démonstration de force, où les quartiers se confrontent derrière les groupes les plus populaires. « Cela a démarré avec la naissance de groupes tels que Réno Band ou Je M'en Fou » , indique Jean-Yves. Aujourd'hui, il regrette l'apparition d'armes blanches ou de « pikan » chez les voltigeurs. Lui-même ne participe plus aux défilés depuis peu.
Malgré tout, il soutient que l'intervention des forces de l'ordre n'est pas forcément une bonne idée. « Les jeunes n'attendent que ça. La police doit réaliser qu'il s'agit d'un amusement et non pas d'une émeute! Il suffit de respecter les distances de sécurité entre les groupes et de mettre des vigiles. »
Des agents de sécurité (en gilet fluo), employés par la mairie de Cayenne, suivent désormais certains groupes. Un dispositif qui ne suffit pas à éviter les débordements. La police municipale doit réunir cette semaine quelques-uns de ces groupes afin de trouver une solution à ces débordements.
• Voir la vidéo ci-dessous. Des policiers de la compagnie départementale d'intervention ont dû intervenir dimanche dernier, car des enfants se retrouvaient "coincés" par les voltigeurs :

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