Dominique NUGENT, fils de Léodate SAÏBOU : « Elle continue à faire parler d'elle »
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HOMMAGE

Dominique NUGENT, fils de Léodate SAÏBOU : « Elle continue à faire parler d'elle »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH
Dominique Nugent aux côtés de sa mère, Tatie Léodate
Dominique Nugent aux côtés de sa mère, Tatie Léodate • DR

Ému par l'hommage carnavalesque rendu à sa mère ce dimanche à Cayenne, Dominique Nugent revient sur l'empreinte durable qu'elle a laissée dans le carnaval

Comment avez-vous réagi quand vous avez appris cet hommage à votre maman ? 

Les larmes me sont venues, parce que je me suis dit : tiens, elle continue à faire parler d'elle. Ça nous a fait énormément plaisir. Ça nous a tous touchés, bouleversés.
 

Pourquoi est-ce que cela vous a surpris ?

Parce que j'estimais qu'il y avait déjà eu beaucoup d'hommages rendus depuis son départ. Mais ça nous a redonné le sourire, en ravivant les souvenirs. Elle a apporté quelque chose au carnaval que personne d'autre n'a apporté.
 

Qu'est-ce qui rendait son apport si particulier ?

Sa façon de faire, sa manière de s'habiller, de parler, son « petit caméraman », la façon dont elle mettait en avant les gens... Et surtout, elle a montré le carnaval sous un autre angle. Tout le monde attendait son émission. C'était devenu presque une tradition dans les foyers guyanais !
 

Son passage à la télévision vous a-t-il surpris ?

Énormément. Elle nous a épatés. Elle avait un verbe incroyable, elle mettait tout le monde à l'aise. Maman était quelqu'un d'empathique. J'ai toujours vu ma mère aimer les gens. Parfois, on se disputait même avec elle parce qu'elle pouvait faire à manger pour n'importe qui qui passait, sans distinction.
 

Le Touloulou doit être secret, mystérieux. Est-ce quelque chose qu'elle défendait ?

Oui, totalement. Aujourd'hui, je ne comprends pas les gens qui font le carnaval et qui ressentent le besoin de décliner leur identité. Avant, il y avait un mystère, un imaginaire. On dansait sans savoir qui était derrière le masque. Ce côté mystique s'est perdu...
 

Que pensait-elle de l'évolution du carnaval ces dernières années ?

Honnêtement, elle n'aimait plus la tournure que prenaient les choses.
Elle n'était pas contre l'évolution, mais pas de cette manière-là. À l'époque, le carnaval permettait de dire ce qu'on ne pouvait pas dire le reste de l'année. On se lâchait. Elle était aussi très opposée à la violence. Elle n'hésitait pas à le dire. Elle n'était jamais dans la demi-mesure.
 

Ce dimanche, de nombreux groupes, y compris venus de Martinique, de Guadeloupe et du Suriname, vont lui rendre hommage. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

(Il s'arrête, ému) À chaque fois qu'on parle d'elle, je craque... Quand je vois l'influence qu'elle continue d'avoir, même après son départ, je suis impressionné. Quand j'ai vu tout le monde se mobiliser, je me suis dit : c'est ma mère, elle continue à être là. J'espère que ce sera une belle fête, une communion, comme elle le disait souvent.
 

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